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L’appui du fédéral pour contrer la pénurie de main-d’œuvre

(Photo Unsplash – crédit : Alex Kotliarskyi)

La Chambre de commerce et de l’industrie Rimouski-Neigette (CCIRN) désire sensibiliser les instances gouvernementales fédérales sur le fait que des actions concrètes doivent être orchestrées pour aider les entreprises à faire face au défi de la pénurie de main-d’œuvre.

Estimant que pour différents paliers gouvernementaux, notamment au fédéral, les lois et façons de faire en place actuellement ont été taillées pour une autre époque, la CCIRN demande que des changements soient effectués, sous forme de recommandations.

Recommandations

· Améliorer l’aspect fiscal des travailleurs expérimentés qui veulent réintégrer le marché de l’emploi à temps partiel.

« Ces travailleurs ont largement payé leur dû à l’État durant leur carrière et ne devraient pas être pénalisés de vouloir poursuivre leur apport à notre économie. Comme le suggère la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), le tout peut se traduire notamment par une révision des impacts fiscaux de la conversion d’un REER en FERR, l’augmentation du seuil de revenu qui n’affecte pas les prestations du Supplément de revenu garanti et la bonification du crédit d’impôt pour la prolongation de carrière. Le tout est bénéfique à la fois pour nos entreprises et pour les travailleurs qui peuvent continuer leurs interactions sociales solides dans le marché de l’emploi tout en n’étant pas pénalisés de la faire fiscalement parlant. »

· Flexibiliser les permis de travail des étudiants étrangers.

« Actuellement, la rigidité de ces permis ne permet pas à un étudiant étranger de travailler de manière transitoire s’il change de programme. Par ailleurs, le nombre d’heures qu’un étudiant étranger peut faire dans nos entreprises est fixé à 20 heures par semaine. Nous croyons que ce nombre est arbitraire et ne tient pas compte des réalités bien différentes que peut vivre un étudiant à notre époque (nombre de cours différent par session d’un individu à l’autre, difficulté du programme, etc.). Un étudiant étranger qui s’installe au Canada quelques semaines avant le début de sa session ne peut pas non plus commencer à travailler tant que celle-ci n’est pas commencée. Étant une région où nous avons des institutions qui accueillent de nombreux étudiants étrangers, nous sommes particulièrement affectés par cette réalité qui est basée sur un raisonnement archaïque. »

· Adapter le programme d’assurance-emploi.

« Il a été bâti dans un contexte où le plein emploi était une illusion lointaine et où les travailleurs devaient avoir un filet social adapté à cette réalité. Nous sommes d’avis que l’assurance-emploi est toujours un outil pertinent, mais qu’elle doit s’adapter à notre nouvelle réalité. Notamment lorsque cet outil est utilisé dans un contexte de maladie du travailleur, une aide pertinente qui est plus à long terme est certainement nécessaire. De l’autre côté du spectre, nous croyons que des mécanismes plus serrés doivent s’y insérer pour encourager les prestataires aptes à travailler à intégrer un emploi à le faire par l’entremise de formations ou d’encouragements à changer de secteur. Il est incohérent que des personnes aptes à travailler reçoivent des prestations d’assurance-emploi alors que nos entreprises manquent cruellement de main-d’œuvre. Par ailleurs, seulement 40% des travailleurs ont accès à cette assurance, donc une partie importante de la population doit contribuer à un régime pour lequel ils ne pourraient pas bénéficier en cas de besoin. »

· Faciliter et accélérer la gestion de l’accueil de travailleurs immigrants.

« Nous sommes du même avis que le Conseil du patronat qui réclame que le seuil d’immigration au Québec tende vers les 100 000 personnes annuellement. Par ailleurs, nous sommes aussi en faveur de la suggestion de la FCCQ qui veut que la capacité d’intégration des différentes régions soit aussi un facteur considéré au sujet de l’immigration. Nos entreprises sont les meilleurs acteurs pour accueillir des travailleurs étrangers en les aidant avec la langue et l’intégration d’un cercle social solide. Dans un contexte de plein emploi, nos gouvernements doivent arrêter de voir des travailleurs étrangers comme des personnes qui « volent » des emplois à des citoyens canadiens, mais plutôt comme une occasion unique d’accueillir des personnes qui veulent améliorer leur sort et qui peuvent participer activement au développement de notre société. »

Pour une autre époque

« La majorité de nos lois ont été faites pour une autre époque. Dans ce contexte, lorsque le gouvernement fédéral nous dit que la pénurie de main-d’œuvre est un enjeu important, il est essentiel qu’il passe de la parole aux actes en modernisant ses pratiques et en démontrant une meilleure flexibilité dans la gestion de cette réalité. Il n’y a pas une solution unique qui va pouvoir contrer ce phénomène, mais plusieurs actions concertées peuvent à tout le moins les diminuer pour donner de l‘oxygène à nos entreprises », affirme Guillaume Sirois, président de la CCIRN.

À propos de la CCRIN

La Chambre de commerce et de l’industrie Rimouski-Neigette rassemble et mobilise les gens d’affaires. Afin de favoriser l’essor de ses membres, elle défend leurs intérêts et les éclaire sur les enjeux et les tendances d’importance stratégiques, propulsant ainsi le développement socio-économique de la MRC Rimouski-Neigette.

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