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Nouvelle de 17 h

« Refuser du monde, ça peut coûter cher »

Débat sur le chevauchement des activités, la fin de semaine dernière
Des spectateurs attentifs lors d’une spectacle des Grandes Fêtes TELUS. (Photo: journallesoir.ca, Véronique Brière)

Les avis sont clairement partagés concernant l’intérêt ou non de tenir des événements majeurs pendant la même fin de semaine ou étalés sur plusieurs, au cœur de la saison touristique.

Tandis que les Terrasses Cogeco en étaient à leur quatrième fin de semaine, les Concerts aux Iles du Bic, qui se poursuivent jusqu’en fin de semaine prochaine, débutaient, les Grandes Fêtes TELUS (GFT) battaient leur plein, pendant qu’on présentait aussi l’Exposition agricole et commerciale de Rimouski. Ceux qui sont « pour » que ces événements se tiennent en même temps estiment que les événements génèrent et partagent une clientèle complémentaire. Ceux qui sont « contre » font valoir que, de toute façon, la capacité d’accueil des restaurants et des hôtels est dépassée. Le tout dans des conditions de circulation qui ne sont pas idéales au centre-ville.

Les projets d’agrandissement ou de construction d’établissements hôteliers seront les bienvenus dans les prochains mois, car on peut se demander ce qu’il adviendra de nos visiteurs lors des Jeux du Québec l’an prochain. La fermeture de l’hôtel des Gouverneurs et de ses 165 chambres fait mal.

Mieux

« Toutes nos fins de semaine ont été bonnes cette année, mais en fin de semaine dernière, on a été obligés de refuser une grande quantité de personnes. Donc, ce serait mieux pour nous d’avoir un gros événement par fin de semaine. Pour les restaurants et pour l’hébergement, c’est mieux quand c’est étalé, ça, j’en suis certain. Ce sont des demandes que tout le monde a. Les deux gros événements de la fin de semaine ont semble-t-il établi des records, donc, je crois que pour eux ça a moins d’impact que sur nous. Mais il y a bel et bien une partie de ces clientèles qui a besoin de se loger et de se nourrir. Ça nous met une pression supplémentaire qui n’est peut-être pas nécessaire », constate Tommy Lemieux-Cloutier, président des Terrasses Cogeco.

Ça peut coûter cher

Pour ce dernier, refuser des consommateurs, ça peut coûter cher. Il y a parmi eux des gens qui se sont probablement dit « C’est la dernière fois que je viens à Rimouski. »  Ajoutons qu’hier après-midi, le Journal Le Soir publiait un reportage sur la saison de camping, où la présidente régionale a mentionné qu’elle estime que Rimouski a besoin d’un camping additionnel et plus familial.

« Ça peut coûter cher à notre secteur touristique. C’est certain qu’on refuse des gens dans les hôtels. Moi, j’ai huit chambres dans mon auberge et c’est toujours plein depuis un mois. L’idéal serait d’avoir un marché hôtelier où les prix seraient stables et à plus long terme. Je n’ai aucune idée de ce qui va se produire d’ici les Jeux, mais je suis certain que l’idéal, ce n’est pas ce qu’on a vécu en fin de semaine dernière », soutient monsieur Lemieux-Cloutier.

Même avis

L’Exposition agricole sera présentée du 2 au 6 août l’an prochain et il semble que ce sera aussi le cas pour les GFT. C’était un retour pour l’Expo après deux ans de crise sanitaire, un retour fort attendu, semble-t-il.

Le directeur général de l’Expo, Simon Saint-Pierre, abonde dans le même sens que Tommy Lemieux-Cloutier : « Nous avons connu un record d’achalandage (45 000 visiteurs), au-delà de nos espérances. Ça a été vraiment super. On a eu du très beau temps et ça a été une super belle édition. Cette année, ça n’a pas été un problème d’être en même temps que les autres événements. Mais si on pense à se fier à nos chiffres de cette année pour nos prévisions l’an prochain, il faudra faire attention. »

Bulle

« Cette année, ça a été comme une petite « bulle » où tout le monde avait le goût de sortir. Les gens de Beauce Carnaval m’ont dit que partout où ils sont allés cet été et toutes les expositions agricoles que je connais me parlent d’un dépassement important de l’achalandage habituel. La reprise est forte, car les gens avaient envie de sortir, mais ça ne veut pas dire que ce sera toujours comme ça. »

« À Victoriaville, deux jours avant la fin, ils établissaient déjà un record. C’est partout comme ça, mais il n’y a pas des Grandes Fêtes TELUS partout. Il y a des gens qui venaient voir les GFT qui sont aussi venus nous voir et ne seraient pas venus autrement, ça je ne le nie pas. Cependant, de là à dire que c’est une bonne chose, je ne suis pas prêt à aller jusque là. Rien ne nous le confirme. Oui, nous et les GFT on a beaucoup de monde, mais à partir du moment où un hôtel ou un restaurant est plein, il est plein. On ne peut pas en faire plus à ce moment là. Alors je crois qu’il serait plus avantageux pour tout le monde que les activités ne soient pas toutes concentrées en même temps », affirme monsieur Saint-Pierre.

Pas disponible

Un des grands responsables des Grandes Fêtes TELUS, Sébastien Noël, n’était pas disponible pour répondre à nos questions cet après-midi.

Le maire

Pour sa part, le maire, Guy Caron, croit que tous ont bénéficié de cette grande fête semaine d’activités en terre rimouskoise.

« De toute évidence, les événements de la fin de semaine dernière ont été couronnés de succès et nous en sommes très heureux. Selon ma perception, les activités proposées étaient complémentaires les unes aux autres. Les dates sont choisies par les organisateurs des événements et nous voyons avec l’achalandage des derniers jours que loin de se nuire, les événements ont plutôt été une locomotive les uns pour les autres. »

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