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Québec 2022

Rimouski convoité comme jamais

Débat électoral de la Chambre de commerce
Samuel Ouellet, Carol-Ann Kack, Maïté Blanchette-Vézina, Claude Laroche et le modérateur et animateur Olivier Therriault, éditeur du Journal Le Soir. (Photo: Journallesoir.ca)

(Commentaire)-Le débat électoral présenté par la Chambre de commerce et de l’industrie Rimouski-Neigette hier en collaboration avec différents partenaires dont Le Soir, a permis à quatre candidats de bien camper leurs positions pour le reste de la campagne.

Il est toujours ingrat de commenter un débat, car il faut se montrer juste envers tous les participants. Le Journal Le Soir et son rédacteur en chef ne tenteront pas ici d’identifier un gagnant ou une gagnante, mais plutôt d’analyser ce que ce débat peut nous révéler sur la dynamique actuelle qui règne dans la campagne électorale locale du comté de Rimouski. Ça vous dit quoi, ce qui s’est passé pendant le débat? Sur la scène et hors de la scène?

Grande intensité

Notre grande conclusion est que la campagne est d’une grande intensité entre Québec solidaire, la Coalition Avenir Québec et le Parti Québécois. Nous aurons même éventuellement les résultats les plus serrés depuis fort longtemps au soir d’une élection provinciale.

Et que les représentants du Parti Libéral et du Parti conservateur risquent de jouer les trouble-fête à travers les trois autres. En passant, la candidate du Parti conservateur du Québec, Stéphanie Dumesnil, a refusé l’invitation au débat, mais son chef demeure populaire. Les représentants des partis qui comptent au moins un siège à l’Assemblée nationale étaient sollicités.

Le débat s’est déroulé à l’UQAR. (Photo: Journallesoir.ca)

Accusation d’intimidation

Pendant que Maïté Blanchette-Vézina profite de l’organisation professionnelle, des aspects positifs du bilan et des engagements de la CAQ, le candidat du Parti Québécois, Samuel Ouellet, sait qu’elle est l’adversaire à abattre et mise sur son expérience d’attaché politique.

Il a adopté une attitude relativement agressive hier. Quelques auditeurs du débat lui ont reproché, mais il se devait d’être incisif. Au point où la candidate caquiste lui a maintes fois demandé de la laisser parler. Elle l’a même accusé de faire de l’intimidation, ce qui a choqué monsieur Ouellet qui lui a demandé de s’excuser pour cette remarque. Ce qu’il n’a pas obtenu.

Choisi de s’établir ici

Ainsi, madame Blanchette-Vézina a voulu rappeler qu’elle avait choisi de s’installer dans la région il y a 10 ans. Elle a précisé « à Rimouski ». Samuel Ouellet lui a rappelé qu’elle s’était plutôt installée dans La Mitis, à Sainte-Luce. Quand elle a voulu parler du logement et du projet de la Logeri pour la maison-mère des Sœurs du Saint-Rosaire, il lui a lancé : « Mais vous n’étiez pas là ce matin (NDLR : il y avait une conférence de presse à ce sujet auquel monsieur Ouellet et madame Kack ont assisté). »

Plus tard, c’est madame Blanchette-Vézina qui ironisera sur le discours de monsieur Ouellet, lequel a rappelé qu’il avait travaillé avec le député sortant, Harold LeBel, ce qui lui permet de bien connaître les organismes et son milieu. « C’est facile de vous suivre. Avec vous, tout ce que le gouvernement a fait n’est pas bon, mais tout ce que le député a fait est bon », a répliqué madame Blanchette-Vézina.

Hémodynamie

Les deux se sont aussi affrontés sur le projet d’amener un service de cardiologie spécialisé, l’hémodynamie, à Rimouski. Madame Blanchette-Vézina appuie la version gouvernementale voulant que les spécialistes ne s’entendent pas sur le bien-fondé de cette démarche. « Il ne faut pas jouer avec ça », estime-t-elle. Elle l’a accusé d’en profiter pour se faire du capital politique. Samuel Ouellet a rappelé que la question faisait l’unanimité du milieu socio-économico-politique rimouskois depuis longtemps.

Il nous semble que madame Blanchette-Vézina ne devrait pas se plaindre d’être la cible de ses adversaires alors qu’elle sait tirer profit des avantages que lui procure le fait d’être la candidate du gouvernement sortant.

Madame Kack

La candidate de Québec solidaire, Carol-Ann Kack, a fait preuve de flegme et de finesse dans ses connaissances politiques. Elle a gagné des points par ses arguments et par son calme. On constate qu’elle a pris énormément d’expérience depuis sa première candidature il y a quatre ans. Elle a démontré qu’elle est foncièrement sincère dans son engagement. Elle a même été émouvante en expliquant pourquoi elle a décidé de faire de la politique et pourquoi Québec solidaire est son parti. Elle a raconté qu’elle a un jour rencontré une personne démunie qui lui a demandé si elle pouvait l’aider « à avoir des dents. »

« C’est exactement le genre de raisons pour lesquelles je fais de la politique et j’ai choisi Québec solidaire. Nous avons un projet de société », affirme-t-elle.

Claude le courageux

Le candidat Libéral Claude Laroche a aussi gagné en confiance depuis la dernière élection. Même s’il s’est presque excusé à la fin pour son manque d’expérience, il a bien profité de la tribune qu’on lui proposait. Il s’est bien exprimé et il mérite le respect. On sait que l’organisation libérale à Rimouski est plus ou moins vigoureuse à Rimouski, mais monsieur Laroche a su rappeler que le parti a changé, depuis, et qu’il s’est même impliqué pour en redéfinir les bases.

Monsieur Laroche nous apparaît fort courageux de s’être lancé en campagne électorale avec peu de moyens comparativement à ses trois rivaux d’hier soir.

La salle

La salle, par ses réactions, nous a livré un portrait assez clair de ce qui se passe sur le terrain.

Québec solidaire est une force en croissance. Ses militants ont occupé le terrain hier soir et ils l’occupent quotidiennement. D’ailleurs on nous dit qu’il y a beaucoup de militants solidaires à l’UQAR, où se déroulait le débat.

Mais Rimouski est un bastillon péquiste depuis 1998. Le PQ occupe aussi toujours le terrain avec une organisation bien rodée. Samuel Ouellet fait valoir son expérience.

Ça va brasser entre les deux camps le 3 octobre.

Madame Blanchette-Vézina a un certain nombre de sympathisants locaux qui militent en sa faveur, mais elle profite surtout de l’organisation et de la visibilité du « national ».

Monsieur Laroche se débrouille tant bien que mal et peut garder la tête haute.

Sept candidats

Notons qu’un sixième candidat, Pierre Beaudoin, représente Climat Québec, le parti de Martine Ouellet. Il mène une campagne courageuse, lui aussi. Une septième candidate s’est ajoutée. Il s’agit de Mélanie Gaudreau du parti Démocratie directe.

Visionnement

Pour apprendre l’essentiel sur la motivation des candidats si vous visionnez le débat, ma recommandation est de débuter votre visionnement vers la 55e minute. Différents thèmes –on les connaît tous- ont été soumis aux candidats avec les réponses dont on pouvait s’attendre de leur part, auparavant.

Par contre, lorsque vient le moment d’expliquer si l’important, c’est le candidat ou le parti, c’est là où on en apprend le plus sur la nature profonde et les motivations des candidats qui ont débattu.

Prédiction

La prédiction du site d’analyse et de perspectives des sondages Qc125, une référence chez les politiciens, donne 36% de chances à la CAQ de l’emporter à Rimouski, mais avec une marge d’erreur de plus ou moins 7%. Le PQ est second à 29% de chances de triompher, mais la même marge d’erreur de 7% lui confère pratiquement une égalité.

On parle ici de pourcentage de possibilité d’élection et non pas de pourcentage du vote.

Québec solidaire (16%, marge de 5%), le PCQ (10%, marge de 4%) et le PLQ (6%, marge de 3%) suivent dans l’ordre.

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