Actualités > Société > Projet de chambre noire collective à Rimouski
Société

Projet de chambre noire collective à Rimouski

La photographie argentique attire de plus en plus d’adeptes
Jean-François Bérubé rêve d’ouvrir d’ici la fin de l’année une chambre noire partagée pour le développement et le tirage de films photographiques. (Photo courtoisie)

Le photographe rimouskois Jean-François Bérubé lance un projet de chambre noire collective. Tout comme le disque vinyle, la photographie argentique attire de plus en plus d’adeptes à une époque où le numérique a rendu la prise d’images plus accessible que jamais.

Le projet se veut un point de rassemblement pour les artistes, les étudiants et les photographes amateurs de tous âges.

À l’ère des téléphones intelligents, la photographie argentique semblait un vestige du passé. Pourtant, de nombreux amateurs reviennent vers la photo analogique.

Le besoin de prendre son temps, de réfléchir avant chaque déclenchement et d’accepter l’imprévu du résultat permet de vivre la photographie autrement.

Jean-François Bérubé a fait carrière à Montréal. Ses portraits d’artistes, de vedettes et de musiciens ont fait sa renommée et la une de nombreuses publications. Ses œuvres ont été exposées partout au Canada, aux États-Unis et en Europe.

Ce natif de Causapscal est de retour dans la région et rêve de partager sa passion. Pour lui, l’argentique est loin d’être une simple mode nostalgique. L’analogique ramène l’essence de la photographie et une certaine matérialité à l’image.

« Il y a un engouement, autant chez les jeunes que chez des gens qui ont déjà touché à ça, pour le plaisir de voir l’image apparaître dans le fond du bassin. Il y a comme un côté magique là-dedans. Puis, on touche aux choses », indique monsieur Bérubé. La pellicule, le négatif, la photo que l’on montre ensuite avec fierté autour de soi séduisent une nouvelle génération de photographes amateurs.

« Il y a un aspect un peu plus artistique, de création. Il faut choisir le bon cadrage, les bons réglages, parce qu’on est limité dans le nombre de poses. Il y a aussi tout le travail de laboratoire. »

Projet collectif

Jean-François Bérubé rêve d’ouvrir d’ici la fin de l’année une chambre noire partagée pour le développement et le tirage de films photographiques. Mais il veut aller plus loin.

« Je veux articuler ça beaucoup autour d’ateliers. On va être super bien équipés, mais les gens demandent aussi de la formation sur la façon de bien faire des photos, analogiques ou numériques. Il y a tout un savoir à partager. Je veux réunir des gens autour de cette passion de faire de belles images. »

Le photographe a mis en ligne un sondage pour mesurer l’intérêt envers le projet. Il se dit surpris par la réponse de personnes qui ont déjà pratiqué la photo argentique dans le passé, mais aussi de jeunes curieux de découvrir « le hobby le plus pratiqué dans le monde ».

Le photographe rimouskois Jean-François Bérubé (Photo Le Soir.ca- Bruno St-Pierre)

Le local est trouvé. La conversion de l’ancien monastère des Sœurs du Saint-Rosaire inclut des espaces pour des projets culturels.

Monsieur Bérubé y voit la continuité de la mission des religieuses dans l’enseignement et la transmission des savoirs. Il rappelle d’ailleurs que les sœurs avaient autrefois une chambre noire au monastère.

Il souhaite y joindre une boutique qui offrira des produits pour le tirage des photos et, bien sûr, de la pellicule.

La forme juridique du projet reste à définir, mais il sera assurément sans but lucratif.

Mémoire collective

L’autre aspect concerne la préservation de la mémoire collective, notamment la photographie vernaculaire. Tous les jours, des gens découvrent de vieilles photos ou d’anciens négatifs d’une autre époque, oubliés dans le fond d’un tiroir.

« Il y a un potentiel immense pour faire des ateliers ou même des expositions autour de photographies privées. Souvent, les gens en ont hérité, mais ils ne savent pas trop quoi en faire. »

Dans une seconde phase, le projet inclut donc des numériseurs et des imprimantes pour préserver ces trésors d’autrefois. « La photographie permet de fixer le temps sur une pellicule. Des photos sont perdues définitivement tous les jours. Au niveau de l’histoire, il y a une perte énorme de mémoire. »

Facebook Twitter Reddit