Et si le vrai problème venait de l’interne?
L'opinion de Robin Lebel
Merci d’abord pour tous vos commentaires. Le dossier du centre multisports de Rimouski touche une corde sensible dans la population, ce n’est pas peu dire.
L’opinion de Robin Lebel
À la suite de ma dernière publication, une situation troublante m’a toutefois été rapportée. Une histoire qui, à elle seule, illustre un malaise plus profond au sein de notre administration municipale, plus précisément du côté du service des incendies et de ses inspecteurs en bâtiment.
Tout commence par une simple inspection de routine. Rien d’extraordinaire. Sauf que, pour ce propriétaire, le calvaire a débuté à ce moment précis. On lui remet un rapport de non-conformité aussi épais qu’un dictionnaire. Selon l’inspecteur, sa bâtisse était pratiquement bonne pour la démolition.
Le propriétaire, surpris, ose réfléchir à voix haute et poser des questions. Rien d’insultant, rien d’irrespectueux. Mais visiblement, l’inspecteur n’a pas apprécié.
Et lorsqu’une personne décide d’utiliser le livre des règlements comme outil de démolition, il y a toujours moyen de trouver une clause, un alinéa ou un sous-paragraphe pour complique la vie de quelqu’un.
Il faut comprendre que les inspecteurs en bâtiment au service des incendies représentent une réalité relativement récente à Rimouski. Le premier à occuper ce poste n’avait, à l’époque, que quelques règlements à faire respecter.
Un rôle fragile, peu encadré. Alors, que fait-on pour solidifier un poste naissant? On crée le besoin. On multiplie les recommandations. On fait adopter de nouveaux règlements. On élargit le champ d’intervention.
Bref, on se rend indispensable. Et cet employé a fait carrière ainsi jusqu’à sa retraite. Arrive ensuite le nouveau. Lui croit que tout ce qui existe doit être appliqué à la lettre. Il a probablement appris les règle- ments par cœur, convaincu que son rôle consiste à en faire une lecture intégrale et rigide.
Répandu dans plusieurs départements
Ce phénomène s’est peut-être répandu dans plusieurs départements, un peu comme une maladie contagieuse. Des postes se sont créés, des mandats ont été élargis, des règlements se sont accumulés, sans toutefois transmettre l’intention derrière tout cela.
Le vieux fonctionnaire, en quittant, n’a peut-être jamais jugé utile d’expliquer que l’objectif n’était pas d’appliquer chaque article au pied de la lettre, mais de maintenir un équilibre raisonnable.
Nous voilà donc en 2026 avec une administration où plusieurs fonctionnaires croient dur comme fer que tout doit être appliqué strictement.
Cette rigidité semble avoir déteint sur certains élus. Il suffit de relire la lettre de démission de Matthieu Leclerc, parti après seulement deux mois, dans laquelle il évoquait « une administration habituée à faire la pluie et le beau temps ».
Posons la question : cette culture administrative pourrait-elle être à l’origine du dossier mal ficelé du centre multisport? A-t-on voulu tasser Technipro?
Quand on reçoit des appels, des courriels et des témoignages de citoyens embêtés pendant des années par un fonctionnaire, quand on voit des projets municipaux déraper, quand on constate un manque de jugement dans l’application des règles… ne devrait-on pas envisager une enquête interne?

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