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Le Québec face à sa propre facture

L'opinion de Robin Lebel

On y est. Le Québec arrive enfin devant le mur qu’il a construit lui-même, pelletée après pelletée, décennie après décennie.

L’opinion de Robin Lebel

Pendant qu’on se racontait que « ça tiendrait bien encore un peu », les routes se sont fendillées, les ponts ont vieilli en silence, les écoles ont pris l’eau et les hôpitaux ont craqué de partout.

Aujourd’hui, tout explose en même temps. Pas une région n’est épargnée. Pas un comté qui peut dire : « Chez nous, ça va. » Pourquoi ça éclate maintenant? Parce qu’on paie comptant les factures qu’on a laissées traîner sur le coin du comptoir depuis cinquante ans.

La Révolution tranquille a été un souffle immense pour le Québec, un élan nécessaire. Mais la suite est devenue une machine administrative qui a gonflé comme un ballon qu’on n’a jamais osé dégonfler.

Le Québec compte 23 ministères, 130 organismes, et environ 620 000 employés dans l’appareil d’État. (Recherche Google) 15% de la population active. C’est gigantesque. Et c’est surtout un monstre qu’on ne sait plus comment nourrir ni comment mettre au régime.

Et attention : ce n’est pas un monstre agile. C’est un pommier. Les plus belles pommes sont en haut, bien protégées, bien accrochées. Pour les atteindre, il faut grimper, se salir, casser des branches. En politique, ça s’appelle : prendre des risques. Résultat? On secoue les branches du bas.

Toujours les mêmes, toujours les plus faciles et toujours celles qui coûtent le moins cher en votent. Pendant ce temps, les vraies économies, celles du haut, restent hors de portée. Intouchables. Sacrées. Taboues. Alors on repousse. On reporte. On remet à plus tard.

Le décloisonnement des régions? Plus tard. Les ponts? Plus tard. L’entretien des écoles? Plus tard. Les agrandissements pour suivre la démographie? Plus tard. On est restés coincés dans la mentalité des années 70 : « C’est neuf, on verra ça dans 50 ans. »

Eh bien, cinquante ans plus tard, nous y sommes. Et ce qui devait arriver arrive : tout tombe en même temps. 2026, c’est l’année où la poussière retombe… et où le plafond suit avec.

Arrêter la machine

Qui va oser arrêter la machine? Qui va dire : « On coupe dans le gras, pour vrai » et qui va toucher aux structures du haut, aux mandarins, aux ministères qui se multiplient comme des cellules? Personne.

Pas un politicien ne veut être celui qui ferme un service, abolit un organisme ou fusionne un ministère.

Trop risqué, trop explosif et trop impopulaire. Comment expliquer aux citoyens qu’elle devra se responsabiliser partout.

Fini, le ministère, chasse et pêche, culture, social et toute la fanfare de notre gouvernement qui doit retourner a ses vraies priorités.

Route, éducation, bâtiment et soins de santé. Alors on continue de secouer les branches du bas. On coupe des virgules, on réorganise des bureaux, on annonce des “plans d’optimisation” qui n’optimisent rien.

On peint les fissures au lieu de réparer les murs. Et pendant ce temps, le Québec continue de recevoir sur la tête ce qu’il a refusé de voir venir.

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