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Après la Cour suprême, l’autorité de Trump en miettes

L'opinion de Robin Lebel
Le président des États-Unis, Donald Trump (Photo courtoisie)

Que reste-t-il de l’autorité de Donald Trump après avoir été débouté par la Cour suprême des États-Unis? Un peu de poussière, quelques slogans défraîchis et une poignée de fidèles qui s’accrochent à son ombre comme si elle pouvait encore les protéger du ridicule.

La Cour suprême américaine a servi une claque au président américain, vendredi dernier, en jugeant une bonne partie de ses tarifs douaniers illégaux.

Cette décision historique a mis Trump dans tous ses états, mais la situation ne change en rien, pour l’instant, les tarifs mis en place sur l’acier, l’aluminium, le bois d’œuvre et d’autres secteurs clés comme l’automobile, qui demeurent en place.

Le Parti républicain, lui, avance en titubant, comme un boxeur sonné qui refuse d’admettre qu’il ne voit plus les coups venir.

Comment prétendre gouverner quand ton propre pays vient de te dire, noir sur blanc, que ce que tu as fait n’avait rien de légitime ? C’est une gifle politique, un électrochoc institutionnel, un rappel brutal que la réalité finit toujours par rattraper ceux qui la fuient.

Pendant ce temps, ailleurs sur la planète, les régimes autoritaires doivent se régaler. Dans les bureaux capitonnés de Moscou, dans les couloirs opaques de Pékin, on doit regarder la scène américaine comme un spectacle de fin de soirée : un mélange de tragédie, de comédie et de burlesque involontaire.

Poutine n’est probablement pas le seul à rire à s’en étouffer. Quand la première puissance mondiale trébuche sur sa propre démocratie, les autocrates n’ont même plus besoin de propagande : les images parlent d’elles-mêmes.

Un sage a déjà dit : « L’imbécillité mène à tout, pourvu qu’on en sorte. » Encore faut-il vouloir en sortir. Donald Trump, lui, semble s’y être installé comme dans une suite présidentielle : moquette épaisse, miroirs dorés et aucune fenêtre donnant sur la réalité.

La démission ? Une idée aussi improbable que l’autocritique. Il préfère creuser son propre trou, pelle après pelle, persuadé qu’il construit un bunker alors qu’il s’enfonce dans une fosse commune politique. L’histoire a déjà vu ce genre de chute en spirale ; elle n’en garde jamais de héros.

Champ de ruines

Le Parti républicain, lui, hérite d’un champ de ruines. Un ménage titanesque les attend, un nettoyage à la brosse métallique, un exorcisme institutionnel. Comment retrouver la crédibilité nécessaire pour gouverner quand on a laissé un seul homme transformer un parti en culte, puis en caricature ?

La reconstruction sera longue, douloureuse et probablement ingrate. On ne rebâtit pas une maison quand les fondations ont été rongées par l’ego d’un seul individu.

La Maison-Blanche (Photo courtoisie)

Et puis il y a cette obsession du nom. En 18 mois à peine, Trump a réussi à coller son patronyme sur des tours, des hôtels, des projets, des initiatives, tout ce qui pouvait être rebaptisé. Une frénésie digne d’une entreprise en faillite qui croit que changer l’enseigne suffira à sauver le navire.

On aurait dit qu’il tentait de repeindre la réalité à son image, comme si l’univers allait finir par croire que tout lui appartenait. Il fallait le faire.

Empire bâti sur la cupidité

Aujourd’hui, le vernis craque. Les lettres dorées se décollent. Les façades se fissurent. Et derrière, on découvre ce qu’on avait refusé de voir : un empire bâti sur la cupidité, la colère et l’illusion.

Le retour à la réalité est brutal, presque apocalyptique pour ceux qui avaient misé leur avenir politique sur un homme qui ne mise que sur lui-même.

La fin du monde politique n’a pas besoin de météorite. Parfois, il suffit d’un miroir brisé, d’un nom trop gros pour la façade et d’un pays qui dit enfin : « Ça suffit. »

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