Hydro-Québec défend sa stratégie éolienne dans l’Est
Face aux inquiétudes de citoyens, qui réclament davantage de transparence
Hydro-Québec se porte à la défense de sa stratégie de développement de l’énergie éolienne dans l’Est-du-Québec.
Plutôt en mars, Le Soir relatait les inquiétudes de comités de citoyens, qui réclament davantage de transparence de la part des promoteurs et demandent la tenue d’un débat public sur l’avenir de l’éolien dans la région.
Face aux critiques, la société d’État se veut rassurante. Les ententes conclues avec l’Alliance de l’énergie de l’Est demeurent exploratoires et aucun projet concret n’est actuellement sur la table. Les citoyens auront leur mot à dire.
La conseillère aux affaires régionales pour Hydro-Québec, Ariane Doucet-Michaud, estime que c’est cette nouvelle façon de faire qui suscite des inquiétudes.
« C’est vraiment dans notre volonté d’annoncer les choses dès le début des discussions avec l’Alliance de l’énergie de l’Est, dès qu’il y a une volonté des acteurs communautaires de développer le potentiel éolien », explique-t-elle.
L’objectif est d’assurer une plus grande transparence et de recueillir les commentaires de la population en amont.
Avec l’Alliance de l’énergie de l’Est et les Premières Nations, Hydro-Québec a ciblé de vastes zones potentielles sur les terres publiques : Wocawson et Wetsok, de Montmagny–L’Islet jusqu’au Témiscouata, ainsi que Gespe’gewa’gi, qui couvre l’est du Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie.
Ces territoires représentent un potentiel de 8 500 MW d’énergie éolienne, une ampleur qui inquiète certains citoyens.
Cette approche permettra une planification à l’échelle régionale plutôt que projet par projet. « Une zone de développement ne correspond pas à un parc éolien précis ni à un tracé arrêté. C’est un territoire avec un potentiel intéressant, à l’intérieur duquel des études techniques, sociales et environnementales sont réalisées avant toute décision », précise madame Doucet-Michaud.
Hydro-Québec insiste sur l’importance de la participation citoyenne. Même si le potentiel identifié représente possiblement des centaines d’éoliennes, rien n’est encore décidé.
« S’il y a des projets à développer, on va les faire ensemble. Donc, il n’y a pas de projet concret encore. Oui, on annonce des ententes, oui il y a des intentions de développement, mais on va poursuivre la démarche avec la communauté et les groupes préoccupés », précise Ariane Doucet-Michaud.
Ligne de transport jugée inévitable
Hydro-Québec reconnaît que la construction de la ligne Appalaches–Bas-Saint-Laurent, reliant Saint-Honoré-de-Témiscouata à Thetford Mines, suscite des inquiétudes.
« Ce n’est pas nécessairement une bonne nouvelle pour la population », admet Ariane Doucet-Michaud.
Le tracé proposé est fortement contesté. La ligne à haute tension traverse des terres agricoles, des forêts publiques et des parcs naturels. Des opposants craignent une transformation majeure de paysages jugés exceptionnels. La société d’État affirme toutefois tenter de concilier les différents points de vue, tout en reconnaissant les limites de l’exercice.

« On le sait, une ligne de transport, ce n’est pas quelque chose qui se camoufle dans le paysage. Mais on va tenter, selon la topographie, de trouver un tracé qui aura le moins d’impact », souligne madame Doucet-Michaud.
Malgré les incertitudes, la volonté gouvernementale de développer la filière éolienne demeure claire. L’emplacement des projets, le nombre d’éoliennes et les secteurs visés restent à déterminer.

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