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Éoliennes en zone agricole : entente entre l’UPA et Hydro-Québec

Renforcer la protection du territoire

Hydro-Québec et l’Union des producteurs agricoles (UPA) ont conclu une entente de principe visant à mieux encadrer le développement éolien en zone agricole, en amont de l’appel d’offres lancé le 10 avril dernier. Selon l’organisation, cette entente doit permettre de renforcer la protection du territoire agricole et forestier au Québec.

Par Philippe Lanoix-Meunier- Journaliste de l’Initiative de journalisme local

«On vient de solidifier le cadre des appels d’offres avec une grille d’analyse plus serrée. Malgré notre demande d’un moratoire, nous avons poursuivi les discussions avec Hydro-Québec en parallèle. L’entente ne change rien à notre position sur les éoliennes. Nous continuons de croire que les projets éoliens ne devraient pas être implantés sur des terres agricoles», a indiqué Jérémie Letellier, président de la Fédération de l’UPA Montérégie.

L’entente prévoit une mise à jour du cadre de référence relatif à l’aménagement de parcs éoliens, incluant l’obligation pour Hydro-Québec de réhabiliter les terres après le démantèlement des installations.

De plus, la grille d’évaluation des soumissions sera ajustée afin de favoriser les projets qui évitent les sols de meilleure qualité et les érablières.

Une pénalité pouvant atteindre 5$/mégawattheure sera appliquée aux projets situés en zone agricole, selon la qualité des sols et la proportion de superficies occupées. L’efficacité de cette mesure pourra être évaluée à l’issue de la première ronde d’appel d’offres.

Hydro-Québec s’engage également à verser une compensation financière à l’UPA pour l’utilisation des terres agricoles. Un montant de 12 500$ par mégawatt installé sera ainsi versé pour les éoliennes implantées en zone agricole.

Appel maintenu pour un BAPE

Malgré cette entente, l’UPA réitère son opposition à l’implantation de parcs éoliens en territoire agricole, estimant que ces projets constituent des infrastructures majeures susceptibles de marquer durablement ces milieux et d’entraîner un passif environnemental important.

Compte tenu de l’ampleur de l’appel d’offres, l’organisation entend maintenir sa demande pour la tenue d’un Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) générique afin d’assurer une évaluation complète et transparente du développement éolien au Québec.

Cette entente survient à peine trois semaines après un point de presse au cours duquel l’UPA réclamait la suspension de l’appel d’offres d’Hydro-Québec.

L’organisation s’était alors alliée au Syndicat canadien de la fonction publique — Québec (SCFP-Québec), à Vent d’élus et au Regroupement vigilance énergie Québec (RVÉQ) pour dénoncer l’implantation anticipée de centaines d’éoliennes en zones agricoles productives.

«Nous continuons de demander la tenue d’un BAPE. C’est un débat qui concerne l’ensemble de la population québécoise et nous estimons qu’il ne faut pas aller de l’avant avec de nouveaux projets éoliens sans consultation préalable», a ajouté monsieur Letellier.

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