Services d’emploi menacés au Bas-Saint-Laurent : à Québec d’agir
Lettre adressée au ministre de l’Emploi, Jean‑François Simard
Une lettre adressée au ministre de l’Emploi, Jean‑François Simard, réclame une intervention urgente pour maintenir les services publics d’emploi au Bas-Saint-Laurent, dénonçant des compressions majeures qui entraînent déjà des ruptures de services et accentuent les iniquités régionales.
Monsieur le Ministre,
Les compressions actuellement imposées aux services en employabilité au Bas-Saint-Laurent provoquent une rupture de services déjà en cours, dans une région pourtant reconnue comme sous-financée par votre propre ministère.
Cette situation crée une disparité importante avec d’autres régions du Québec, accentuant une iniquité territoriale difficilement justifiable.
Les organismes de la région font face à des coupes de leur budget de 25 % en moyenne pour l’année à venir.
Ces diminutions sont sans commune mesure avec celles observées ailleurs au Québec, et s’ajoutent aux compressions drastiques que la région a déjà subies au cours des cinq dernières années.
Tout ceci alors qu’une étude commandée par le ministère de l’Emploi lui-même avait conclu en 2024 au sous financement des services en employabilité.
Concrètement, ces compressions se traduisent déjà par une diminution de l’accès aux services publics d’emploi pour des travailleuses et travailleurs qui en dépendent directement pour intégrer ou réintégrer le marché de l’emploi.
Dans une région où les distances sont importantes et où les ressources spécialisées sont moins nombreuses, chaque réduction de l’offre entraîne des ruptures de service et une perte de proximité qui n’ont pas d’équivalent dans les grands centres.
• Allongement des délais d’accès : les listes d’attente pour obtenir un service sont passées de quelques jours à plusieurs semaines, ce qui retarde d’autant l’entrée en emploi, la stabilisation des parcours et la sortie de l’aide financière de dernier recours.
• Moindre accompagnement : la surcharge de travail de notre personnel réduit le temps d’intervention accordé, au détriment des personnes éloignées du marché du travail (jeunes en difficulté, personnes en situation de handicap, personnes expérimentées de plus de 50 ans, etc.).
• Disparition ou délocalisation de services spécialisés : le programme de soutien à l’emploi spécifique aux personnes de 50 ans et plus est aboli dans toute la région alors qu’il demeure offert ailleurs au Québec. De plus, les services d’orientation professionnelle des MRC de La Matanie et de La Matapédia sont délocalisés sur la Côte-Nord.
• Perte d’outils structurants : fermeture complète des entreprises d’entraînement financées par Services Québec au Bas-Saint-Laurent, privant la région d’un levier efficace et reconnu pour développer l’employabilité par l’expérience de travail.
Des centaines de personnes touchées
Ces impacts touchent directement des centaines de personnes chaque année dans la région et fragilisent la capacité des entreprises locales à pourvoir leurs postes.
Par ailleurs, ces décisions créent un accès à géométrie variable aux services publics d’emploi selon le code postal, alors que les besoins sont bien présents et que les enjeux de main-d’œuvre touchent l’ensemble du Québec.
Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, d’enjeux de régionalisation de l’immigration et de vitalité économique, l’affaiblissement du réseau en employabilité bas-laurentien constitue un non-sens et fragilise l’ensemble de notre écosystème régional.
Durant le mois d’avril, nous avons sollicité des rencontres auprès de votre ministère, du ministre du Développement économique régional, du ministre des Services sociaux et de la lutte contre l’itinérance, du ministre délégué aux régions ainsi qu’auprès de la direction générale de Services Québec du Bas-Saint Laurent, afin de travailler ensemble à l’élaboration d’un cadre viable et cohérent avec les objectifs d’employabilité et d’insertion sociale du gouvernement.
À ce jour, ces demandes sont demeurées sans réponse, malgré l’urgence de la situation sur le terrain et l’échéance imminente de mise en œuvre des compressions pour 2026-2027.
Nous sollicitons donc votre intervention immédiate afin maintenir l’accessibilité des services publics d’emploi au Bas-Saint-Laurent et de corriger l’iniquité interrégionale créée par ces compressions.
Plus précisément, nous demandons de :
- (1) Suspendre les compressions prévues pour 2026-2027, afin d’éviter une rupture complète de services ;
- (2) Tenir une rencontre urgente avec votre cabinet et les autorités de Services Québec afin d’identifier des solutions concrètes ;
- (3) Réviser les paramètres d’allocation budgétaire afin d’assurer un traitement équitable entre les régions, à la hauteur des besoins réels de la population et des employeurs.
La situation actuelle appelle une intervention rapide afin d’éviter des conséquences néfastes durables, et évitables, sur l’intégration en emploi, la vitalité économique régionale et la cohésion territoriale du Québec.
Nous sommes disponibles sans délai pour collaborer à l’identification de solutions.
Veuillez recevoir, Monsieur le Ministre, l’expression de nos salutations distinguées.


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