01.10.2020
Actualités Hémodynamie : « Il faut se rendre au premier ministre »

Hémodynamie : « Il faut se rendre au premier ministre »

-Le préfet de Rimouski-Neigette, Francis Saint-Pierre

Le préfet de la MRC Rimouski-Neigette, Francis Saint-Pierre, estime qu’on peut espérer un dénouement heureux et rapide du dossier de l’hémodynamie si on vise plus haut que la ministre de la Santé, Danielle Mc Cann.

Le premier ministre François Legault risque d’avoir les Bas-laurentiens sur le dos quand il n’en aura plus plein les bras avec le coronavirus.

L’histoire a des allures de complot. Un geste téléguidé depuis le ministère de la Santé aurait causé la perte du dossier de l’hémodynamie à Rimouski. On aurait demandé aux autorités sanitaires de la Gaspésie de dire qu’on ne voulait pas de ce service en région. Un premier texte dénonçait cette situation, ce midi. Mais les dénonciateurs en ont encore long à dire.

La demande est d’amener à Rimouski cette technique d’intervention pratique pour les patients qui ont des problèmes cardiaques et qui sert à débloquer les artères. Cette question est au cœur de revendications qui datent de plus de 20 ans.

Ne veut pas du projet

Quelqu’un, au ministère de la Santé ne veut pas du projet, peut-être en raison de pressions corporatistes effectuées par une association professionnelle.

Francis Saint-Pierre et Martin Soucy. (Photos: Pierre Michaud)

« Vous pouvez appeler tous les préfets et tous les élus du Bas-Saint-Laurent un par un, je suis convaincu qu’ils vont diront tous comme moi : on ne peut pas laisser passer ça. Quant aux élus de la Gaspésie, ils se font mettre de la pression mais on pourrait s’entendre sur une position commune, parce que nous autres, l’hémodynamie, on veut l’avoir. On a déjà travaillé ensemble et on peut encore le faire », dit monsieur Saint-Pierre.

La présidente du CISSS « a dit des conneries »

« Que le ministère n’ait pas ramené à l’ordre sa gestionnaire, la présidente du Centre de santé et des services sociaux (CISSS) de la Gaspésie, quand elle dit des conneries comme quoi l’hémodynamie serait dangereuse, j’ai un sérieux problème avec ça. Le ministère endosse ça! La base du problème est que les cardiologues de Québec ne veulent pas perdre de « businness ». C’est eux-autres qui mettent une pression énorme sur le ministère de la Santé », déclare monsieur Saint-Pierre.

« Votre prédécesseur l’a fait! »

« Madame Mc Cann (la ministre), on lui dit depuis longtemps : « ce ne sont pas vos fonctionnaires qui vont vous dire que notre demande est correcte, ce sont eux qui subissent la pression. Il n’y en pas d’études qui nous diraient que c’est impossible d’amener ça à Rimouski. Mais vous savez très bien que ça se peut, parce que votre prédécesseur l’a fait à Trois-Rivières et que le tour de Rimouski devait venir après » Les résultats là-bas sont d’ailleurs excellents », poursuit le préfet.

« Un enfant dans une cour d’école »

« Partout dans le monde, l’hémodynamie est décentralisée. À Québec (la semaine dernière), le chef de cabinet de la ministre de la Santé est passé sur l’heure du midi. Harold LeBel l’a « accroché » pour l’amener dans notre groupe (délégation régionale) et j’ai argumenté avec lui. La cardiologue Nathalie Dionne était avec nous et quand elle a conversé avec lui, il avait l’air d’un enfant d’école dans une cour de récréation tellement il ne connaissait pas son dossier. À partir du dîner, c’était clair qu’on ne l’aurait pas, notre service d’hémodynamie. »

« Quand la ministre nous a dit « Au nom de la science, on ne peut pas vous dire oui », on s’est retrouvé dans le bureau de Harold LeBel, on a fait rédiger une lettre qu’on a tous co-signé et on a demandé une rencontre avec le premier ministre François Legault. Dans l’état actuel des choses, on n’interviendra pas pendant la crise du coronavirus mais il faut qu’on y revienne le moment venu » ajoute-t-il.

Centre de cancer

Francis Saint-Pierre trace un parallèle entre l’hémodynamie et la lutte qui a été mené dans les années 1980 par Omer Brazeau, pour obtenir le centre de cancer.

« Notre combat, c’est exactement la même chose. Un ministre de la Santé a alors dit : « je comprends ce que vous dites, les fonctionnaires, mais j’ai décidé qu’il y en aurait un à Rimouski. » Quand on veut faire bouger les choses, le principal, c’est le courage politique. Avec de la volonté politique, ça pourrait changer rapidement. Ça fait longtemps que je suis en politique et si je n’ai pas la volonté de faire changer les choses, je suis aussi bien de m’en retourner chez-nous », affirme monsieur Saint-Pierre.

« Vache sacrée »

 « Il y a quelque chose qui ne va pas. Ça ne vient pas ni des élus, ni de la population. Quand mon père s’est fait implanter son premier stimulateur cardiaque (« pacemaker »), en 1985, on commençait seulement à le faire à Rimouski. Ça s’est fait même si c’était une vache sacrée, même si certains disaient qu’il n’y avait que Québec qui pouvait faire ça. Aujourd’hui, on le fait et les gens sont bien soignés. Ça se fait dans une journée et les gens retournent à la maison. On vit la même chose », commente le maire de Mont-Joli, Martin Soucy.

« J’ai parlé aux maires de Carleton et de Gaspé et ils sont d’accord pour demander le service. Eux ne comprennent pas ce qui s’est passé et pour ma part, c’est une décision que je ne comprends pas. On va relancer ce dossier-là; on ne lancera pas la serviette », déclare monsieur Soucy.

Pas à coups de milliards $

« On ne demande pas une autoroute à coups de milliards $ (l’hémodynamie coûterait 2 M$). Ce qu’on demande c’est un service de santé de proximité d’urgence. Les gens qui partent en avion de la Gaspésie pour se faire soigner à Québec ont un faux sentiment de sécurité. On prolonge le voyage (plutôt que d’aller à Rimouski) et on peut avoir des problèmes. Là, si on arrive de Gaspé ou Bonaventure en avion et qu’on atterrit à Mont-Joli pour envoyer le patient à Rimouski, ce n’est pas vrai que ce serait trop long. Ça ne prendrait pas des heures. On veut sauver la santé des gens. La médecine a évolué depuis les derniers rapports sur l’hémodynamie. »

Au premier ministre

« Allons jusqu’au premier ministre s’il le faut, Il s’agit seulement d’avoir des médecins et de former du personnel et ça deviendrait banal dans peu de temps », estime aussi Martin Soucy.

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