28.10.2020
Nouvelle de 18 h L’industrie touristique entend se débattre comme un diable dans l’eau bénite!

L’industrie touristique entend se débattre comme un diable dans l’eau bénite!

Les quelque 850 entreprises touristiques du Bas-Saint-Laurent vivent d’espoir et sont en attente des prochains développements pour amorcer leurs préparatifs de la saison 2020, malgré la crise du coronavirus.

C’est ce qui ressort d’une entrevue accordée au journal le soir par le directeur général de l’Association touristique régionale Tourisme Bas-Saint-Laurent, Pierre Lévesque, alors qu’on parle de plus en plus d’une éventuelle fin de la période de confinement pour la région.

Aux dires de monsieur Lévesque, les propriétaires de terrains de camping, entre autres, sont sur le point de décider s’ils ouvriront ou non en respectant les normes de distanciation. Comme dans la plupart des cas, pour les clubs de golf comme pour les attraits touristiques également, la mise en opération des entreprises ne semble pas, malgré les consignes, causer de problèmes incontournables.

Mystère

« Il y a un grand mystère et ce mystère, c’est le gouvernement du Québec qui va le dévoiler quand il va donner le feu vert. Je ne vois pas de problème majeur en ce qui a trait au camping. On va suivre les recommandations de la Direction de la santé publique, mais je ne vois pas d’inconvénient majeur. Les campings sont capables d’appliquer la distanciation sociale et d’autres normes, en modifiant un peu leurs façons de faire. Ce qui est sûr, c’est que nos entreprises vont devoir s’appliquer comme il faut à établir les différentes mesures sanitaires », croit Pierre Lévesque.

Pratiques rassurantes

En ce moment, toute sorte d’information pertinente circule pour les entreprises touristiques. Elles sont invitées à s’y attarder mais elles peuvent aussi obtenir du soutien de leur ATR.

« On peut aussi les accompagner là-dedans. C’est notre part que nous voulons faire pour appuyer les entreprises touristiques. Nous voulons donner confiance aux gens. Nos entreprises devront prendre des mesures et adopter des pratiques rassurantes pour leurs usagers. Vous savez, comme dans les épiceries, où il y a un petit panneau transparent entre le client et la caissière. C’est ce genre de mesures que l’industrie touristique doit favoriser. Ça peut se faire, j’en suis convaincu. »

On ferme cette année?

Y’a-t-il des entreprises touristiques qui ont lancé la serviette à cette période-ci de l’année et de la crise?

« Je crois qu’il est trop tôt pour le savoir. C’est probablement dans les scénarios de certains. Ouvrir une installation touristique demande beaucoup de préparation. Pendant ce temps, l’argent ne rentre pas. Il y a encore beaucoup de « si » avant de le savoir. Je pense qu’on sera plus en mesure de savoir comment s’orienter dans deux semaines, le 4 mai (alors que Québec doit annoncer un certain assouplissement dans les consignes). Ce sera un moment clé pour prendre une décision », estime Pierre Lévesque.

Retombées de 348 M$

Il faudra alors être aux aguets, car l’Association a établi une ligne de communication spécifique à la crise de la COVID-19 avec les entreprises touristiques.

« On se parle au moins deux fois par semaine au sein de l’ATR. Nous sommes en lien direct avec le ministère du Tourisme. Il y a une ligne de communication directe. Aussi, des organisations comme la Fédération québécoise de camping et caravaning sont très proactives et acheminent l’information à leurs membres », explique monsieur Lévesque.

À propos, il y a 650 membres à l’ATR Bas-Saint-Laurent mais celle-ci se met pour l’occasion au service de toutes les entreprises touristiques, qui sont 850. Cette industrie génère 7 800 emplois et des retombées économiques de 345 M$. Le Bas-Saint-Laurent attire 1 143 000 visiteurs par année.

Vivre sans les grands événements

La suspension de la collection de la taxe de l’hébergement pour soulager un peu les entrepreneurs a un effet pervers, car elle prive l’ATR de revenus pour la promotion touristique.

« Il y a eu un avant COVID-19 et il y aura un après COVID-19. Ce qu’on faisait avant, on ne le fera plus de la même façon. Nous aussi, on n’a pas eu le choix de se retourner de bord et on a dû faire des coupures. On s’est orientés sur l’aide à nos entreprises, l’information et les communications, ce qu’on fait au maximum en ce moment. On sera prêt quand ce sera le moment. »

Selon Pierre Lévesque, il est possible que la saison soit bonne même si la plupart des grands événements, comme les Grandes Fêtes TELUS, à Rimouski, sont annulés.

« Depuis le début, je me dis que si on a une saison touristique, ce ne sera pas une grande saison, mais ce pourrait être une bonne saison. Les événements annulés sont un autre élément en moins pour être attrayant. Mon côté positif me dit que si on peut rouvrir le Bas-Saint-Laurent, on peut être attractif à partir de notre offre touristique : la nature, les grands espaces, les lacs, la marche, le vélo, la randonnée et les activités sportives. Ce sont des activités qui coïncident bien avec ce dont les gens auront besoin après la crise. »

Les entreprises comme le Site historique maritime de Pointe-au-Père ne devraient pas avoir de problèmes non plus à adapter leur pratique. On entrera désormais un à la fois et il faudra tout simplement respecter ses distances et assurer une désinfection efficace des lieux. Les employés porteront des gants.

« Personne ne s’est encore donné le mot de fermer. Tout le monde est aux aguets pour évaluer la situation au jour le jour. On pourra prendre les bonnes décisions une fois les incertitudes écartées. On fera ce qu’on à faire », tranche monsieur Lévesque.

Voyager régional!

Et puisque la crise, parmi ses rares bons aspects, incitera vraisemblablement davantage les Bas-Laurentiens à acheter plus local, pourquoi ne pas voyager local? La Mitis pourrait visiter le Témis et Rimouski-Neigette fraterniser (en respectant ses distances!) avec Les Basques, pendant que les résidents des Monts-Notre-Dame iraient découvrir les rivages de Rivière-du-Loup et du Kamouraska! N’oublions pas que le Bas-Saint-Laurent est aussi grand que la province de l’Ile-du-Prince-Edouard.

Surtout si, parmi les scénarios, on pourrait permettre aux citoyens du Bas-Saint-Laurent de se déplacer, mais à l’intérieur de leur région.

« Quelle belle occasion d’encourager notre monde, régionalement. Je ne crois qu’il y ait beaucoup de vacanciers aux États-Unis cette année! Allez visiter la ville voisine! Essayez un camping régional! On peut se rendre compte rapidement qu’on ne connaît aussi bien notre région qu’on peut le croire. Peut-être n’avez-vous pas essayé un bon restaurant d’une autre ville de la région? On peut se rendre à Cabano de Rimouski ou vice-versa. Des belles places, on en a plein », se plaît à conclure monsieur Lévesque.

Qui plus est alors que la solidarité régionale sortira grandie de cette crise.

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