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L’industrie du spectacle crie à l’aide

Une scène des Grandes Fêtes TELUS en 2019. (Photo: courtoisie)

Les organisateurs de spectacles de la région en ont ras-le-bol de se sentir laissés pour compte et ils le font savoir à Québec.

Le Réseau des Organisateurs de Spectacles de l’Est du Québec (ROSEQ), demande à la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, des directives claires dans les meilleurs délais, afin de sauvegarder leur industrie sérieusement menacée.

La Ministre laissait entendre, jeudi, qu’elle présenterait son plan seulement en juin. En début de semaine, le journal le soir avait abordé la question des grands événements culturels, avec le Festival d’été de Québec et les Grandes Fêtes TELUS de Rimouski, dont l’avenir est incertain.

Durement touchés

« L’attente jusqu’au mois de juin menace plusieurs membres du ROSEQ durement touchés par la crise en fonction de leur engagement. Le ROSEQ demande au ministère de suspendre dans les meilleurs délais les activités des salles de spectacles professionnelles et reconnues, et ce jusqu’au 31 août 2020 », indique un communiqué du ROSEQ.

« Une orientation claire est nécessaire pour les membres du ROSEQ afin qu’ils puissent travailler en harmonie avec les acteurs du milieu du spectacle, avec qui ils entretiennent une relation d’affaires depuis 40 ans. Nos salles souvent intimistes et les engagements que nous avons pour les spectacles du Réseau d’été qui doit débuter en juin ne nous permettent pas d’attendre pour être fixé », explique Frédéric Lagacé, directeur général du ROSEQ.

Portrait pessimiste

« En effet, les réalités professionnelles de la diffusion impliquent un travail de plusieurs semaines, tant au plan de la mise en marché des spectacles qu’au plan de la logistique entourant leur tenue. De plus, les ventes de billets sont actuellement au point mort. Une étude Léger 360 commandée par RIDEAU (regroupement des diffuseurs) brosse un portrait pessimiste sur l’intention des gens à se réunir dans une salle de spectacle », 

Premiers touchés, derniers fixés

« Le secteur de la diffusion de spectacles et par extension tout le milieu artistique furent les premiers touchés par la crise qui sévit et durent cesser la totalité de leurs activités dès le 12 mars. Pourtant, présentement le milieu est toujours laissé dans le flou et sera selon toute vraisemblance un des derniers secteurs à être relancé ou à obtenir des directives de déconfinement », constate le ROSEQ.

« Au cours des dernières semaines, le ROSEQ a multiplié les communications auprès du gouvernement afin d’obtenir des perspectives claires de travail, mais en vain. Nous serions fiers de travailler avec le ministère de la Culture pour trouver des pistes à emprunter face à la situation critique que nous vivons et ainsi participer activement à la solution. L’attente jusqu’au mois de juin est insoutenable pour nous : je suis inquiète comme présidente de l’effet dévastateur que cela peut avoir pour nos membres et leur organisation », s’inquiète Josée Roussy, présidente du ROSEQ et directrice de CD Spectacles de Gaspé.

La distanciation sociale et la géométrie variable: non viable

« On a évalué que l’application de mesures de distanciation dans les salles de spectacles forcera les diffuseurs à réduire leurs nombres de places de plus de 75%. Par exemple, une salle de 250 places, jauge maximale dans le Réseau d’été, pourra accueillir tout au plus 62 personnes », estime le ROSEQ.

« La diffusion d’un seul spectacle demandera également un protocole sanitaire complexe qui entraînera des coûts importants. C’est tout un modèle d’affaires qui est remis en question et c’est pourquoi il est essentiel que les diffuseurs puissent disposer de directives conséquentes du gouvernement qui vont leur permettre de poursuivre leurs activités professionnelles dans le respect de tous les acteurs et du public qui est aussi laissé dans le flou », poursuit-on.

Mesures compensatoires

Le ROSEQ est un réseau de 32 diffuseurs pluridisciplinaires en arts de la scène répartis sur un imposant territoire dans les régions du Bas-Saint-Laurent, de la Capitale-Nationale, de Chaudière-Appalaches, de la Côte-Nord et de la Gaspésie/Îles-de-la-Madeleine.

Le Réseau coordonne plus de 800 spectacles et 300 tournées par année, produisant des recettes de billetterie de plus de 5 M$. En plus de revendiquer une suspension des spectacles jusqu’au 31 août, le ROSEQ demande aussi des mesures compensatoires pour les artistes, organismes et entreprises actuellement fragilisés dans le secteur culturel, qui est l’un des plus touchés par la crise entourant la COVID-19.

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