19.09.2020
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Ce n’est pas parce qu’il n’y a personne à la rue qu’il n’y a pas de problèmes!

Crise du logement à Rimouski

Personne ne devrait se retrouver sans logis, ce soir, après avoir cherché à se reloger, confirme le Comité logement Rimouski-Neigette, mais cela ne signifie pas pour autant que la crise du logement ne nous atteint pas.

En résumé, comme le spécifie notre titre, ce n’est pas parce que personne ne se retrouve à la rue qu’il n’y a pas de problèmes, constate le co-coordonnateur du Comité, Alexandre Cadieux, en entrevue au journal le soir. Le prix élevé des loyers, le peu de choix pour les personnes démunies et la rareté des logements viennent confirmer que Rimouski est « un cas », parmi les principales villes du Québec.

Loyer moyen

Le loyer moyen d’un logement de cinq pièces et demi coûtait 873 $ selon les dernières études. Le pourcentage des ménages consacrant plus de 50% de leur revenu au loyer est de 14,2%, soit 1 200 ménages, tandis que le pourcentage des ménages locataires consacrant plus de 30% de leur revenu aux dépenses de logement est de 33,8%, soit l’équivalent de 2 865 ménages.

« Pour les logements de cinq pièces et demi, 873 $ par mois, c’est pour un logement très moyen. Il y en a beaucoup à 1 000 $ par mois. J’ai même vu un studio (une pièce et demie) à 1 100 $. La Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL) considère que les dépenses de logement ne devraient pas représenter plus de 30% du revenu d’un ménage, car il est alors beaucoup plus difficile pour celui-ci de répondre adéquatement à ses autres besoins de base », précise monsieur Cadieux.

Personne dans la rue

« Il n’y aura personne à la rue, aujourd’hui, heureusement, à notre connaissance, malgré le peu de logements disponibles qui demeure préoccupant. Le pourcentage de logements disponibles était de 2,6 % en 2019, selon la SCHL, dans le secteur de la Ville de Rimouski. La Société canadienne d’hypothèques et de logement estime qu’à ce seuil, Rimouski est en pénurie de logements, car le seuil d’équilibre est à 3 %. Ce qui est inquiétant, c’est qu’il y a une tendance à la baisse. En octobre 2018, on était à 3,7 %. Ce n’est pas tant le 2,6 % qui est inquiétant, que le 1,1% de baisse en un an. Et ces chiffres-là datent d’avant la COVID-19 et ce qu’on craint, c’est que la situation se soit encore dégradée », poursuit monsieur Cadieux.

Personnes en difficulté

« S’il n’y a personne laissé dans la rue, il y a plusieurs personnes qui étaient en difficulté, qui ne pouvaient pas se trouver de nouveau logement. Nous en avons eu une douzaine depuis quelques semaines. L’Office d’habitation de Rimouski-Neigette s’en est occupé au cas par cas. Souvent, des personnes ont été relocalisées dans des logements beaucoup plus petits et ils se sont retrouvés avec un surplus de meubles. On s’est occupé aujourd’hui de deux ou trois ménages qui ne pouvaient ni transporter ni entreposer leurs meubles, souvent des meubles laissés en héritage par des parents », témoigne Alexandre Cadieux.

Un plan global

Ce dernier souhaite que son organisme et la Ville établissent dorénavant un plan complet et global.

« Aucun fonds n’a été prévu pour ce type de dépenses (surplus de meubles). Ça a été géré au cas par cas. On a travaillé en collaboration avec la Ville et l’Office. Ça a marché pour cette année, mais on aimerait, dorénavant, que l’an prochain, étant donné la forte tendance à la baisse de mois en mois, qu’il y a un plan clair et plus formel, qui inclurait non seulement de l’hébergement temporaire, pour les gens qui ont de la difficulté à se loger, mais aussi, pour le transport et l’entreposage temporaire des meubles. »

Alexandre Cadieux du Comité logement Rimouski-Neigette. (Photo: courtoisie)

« Le plan et les formalités seraient publics, connus à l’avance, par toute la population. On ne peut pas avoir un meilleur exemple que la crise de la COVID-19 : ce n’est pas une fois dans la crise qu’il faut réfléchir et mettre en place un plan d’attaque. Vaut mieux avoir un plan qui est en avance. C’est la prochaine étape : s’assurer que personne ne sera en difficulté », propose monsieur Cadieux.

Avec Québec

« Il ne faut pas se leurrer : le gouvernement du Québec doit aussi embarquer là-dedans. La Ville de Rimouski est un partenaire essentiel, mais l’argent doit venir du gouvernement du Québec. Il y a d’ailleurs un paradoxe, en ce moment : le fédéral considère qu’on est en pénurie de logements à 3 %, mais c’est à 2% que le gouvernement du Québec ne consent à rembourser les villes pour leur aide aux locataires. »

« Le Comité logement peut mettre la main à la pâte, mais ce n’est sûrement pas lui qui va défrayer les frais de transport, d’entreposage et de publicité. Il faut aussi faire connaître les mesures d’aide disponibles », déplore enfin le représentant du Comité logement Rimouski-Neigette.

Le manque de logements démontre aussi la nécessité de construire des logements sociaux.

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