20.10.2020
Nouvelle de 19 h Des descendants de familles pionnières de Sacré-Cœur vont s’opposer

Des descendants de familles pionnières de Sacré-Cœur vont s’opposer

Redécoupage des districts électoraux à Rimouski

La mobilisation semble amorcée pour que le processus de redécoupage des 11 districts électoraux de Rimouski se retrouve de nouveau remis en question, cette fois au niveau supérieur.

Des citoyens bien connus du district Sacré-Cœur, l’ancien conseiller municipal Serge Dionne et la responsable de la communauté de Sacré-Cœur au sein de la fabrique de paroisse, Suzanne Bérubé, sont au nombre de ceux qui confirment qu’ils vont s’opposer au dernier découpage proposé par la Ville de Rimouski.

Ils entendent contribuer à réunir les 245 signatures requises pour que ce soit maintenant la Commission de représentation électorale (CRÉ) qui entende les arguments des citoyens de Rimouski dans une consultation publique. Notamment, les plaidoyers de ceux qui veulent sensiblement conserver les mêmes limites que celles en vigueur aux dernières élections, en 2017. La date limite pour le nombre de signature requis est le 3 septembre.

Bientôt un 150e

Ils se préoccupent notamment des impacts qu’aurait l’éventuel redécoupage sur le sentiment d’appartenance, alors que l’église Sacré-Cœur et la paroisse religieuse fêteraient leur 150e anniversaire dans six ans. L’historique religieux est censé faire partie des facteurs à considérer dans les délimitations électorales. Tous les deux proviennent de familles pionnières de Sacré-Cœur.

« Je m’oppose au redécoupage pour des raisons historiques, parce que ma famille fait partie de celles qui ont bâti Sacré-Cœur. Ce sont des décisions « sauvages » et injustes qui ont été prises par la Ville pour rajuster le taux moyen d’électeurs par district électoral. Il me semble qu’il y a des considérations bien plus importantes que celles-là. La Ville dit qu’elle veut dissocier les zones urbaines (Sacré-Cœur), des zones rurales (Bic), mais Sacré-Cœur a aussi une histoire rurale. Il faut se souvenir qu’avant 1967, Sacré-Cœur était une municipalité à part entière. Je pense qu’il ne faut pas trahir ce souvenir là, au même titre que les gens du Bic tiennent à ce que Rimouski respecte les promesses faites lors de leur annexion, en 2009  », croit monsieur Dionne.

Serge Dionne, à gauche, à l’époque où il siégeait au sein du conseil présidé par Éric Forest. (Photo: Pierre Michaud-archives)

« Il y a déjà assez eu d’erreurs historiques entre Rimouski et les voisines qu’elle a fusionnées, évitons qu’il y en ait d’autres. Je pense aussi à Nazareth, dont les citoyens avaient dû se résoudre à rallier Rimouski pour des raisons économiques. Je vais travailler avec le comité de citoyens et vous pouvez être certain que nous serons très mobilisés », ajoute Serge Dionne.

Celui-ci y a fait allusion : il risque de venir aussi de l’opposition d’une autre partie de l’extrémité Ouest du territoire rimouskois : le Bic.

Limites historiques

« Sacré-Cœur n’arrête pas de perdre du terrain! Quand on sait que les limites historiques de Nazareth ont déjà été chez Lamontagne Honda (face à la rue Roy), puis se sont retrouvées à l’ancien garage Chrysler (face à la rue des Mélèzes); pour s’en aller, selon le nouveau projet, à la rue des Braves (presque face au « Foyer »), on peut se demander jusqu’où ça irait la prochaine fois. En plus, je remarque que Nazareth semble n’avoir jamais perdu de terrain », insiste monsieur Dionne.

Anse-au-Sable

Madame Bérubé tient à mentionner d’abord que l’église est une chose et que les limites électorales municipales en sont une autre.

« Il y a les lois municipales et il y a le droit canon. La loi fait en sorte que l’église de Sacré-Cœur sera toujours dans les limites paroissiales de Sacré-Cœur et appartiendra toujours à la Fabrique (NDLR : annexée à Saint-Germain en 2007, maintenant partie de la Fabrique de la Bienheureuse Élisabeth-Turgeon). La Ville n’a rien à voir là-dedans. Par contre, je m’oppose au découpage proposé pour des raisons personnelles. Je fais partie de la descendance d’une famille fondatrice de Sacré-Cœur. Ça ne me tente pas du tout de changer de quartier, car j’habite à l’Anse-au-Sable, un secteur qui se retrouverait dans le district du Bic », soutient madame Bérubé.

« Il y a un début de mobilisation qui s’organise. C’est un peu difficile en raison de la pandémie, mais j’ai approuvé la pétition qui circule présentement. C’est un dossier complexe et bizarre, cette histoire de redécoupage. La première version de la Ville se terminait pratiquement à l’église et là, elle est rendue à l’Anse-au-Sable. Sous le couvert d’un argument questionnable, qu’on est dans un secteur moins résidentiel, on nous changerait de quartier », estime Suzanne Bérubé.

« Le problème, c’est que toutes les familles de la côte de l’Anse-au-Sable sont des descendantes de fondateurs de Sacré-Cœur : Michaud, Bérubé, Roy, Pineau, etc. C’est notre petit coin de plage et c’est là que je demeure. À partir du moment où mon district devient le Bic, qui me représentera? Si j’ai besoin de quelque chose, à qui devrais-je m’adresser? Ce serait le début de la fin, tant qu’à moi. C’est ce qu’on refuse. Lors des fusions, autant au Bic qu’à Sacré-Cœur, ce que nos pères craignaient, c’était la perte de leur appartenance et de leurs juridictions. Ce qu’a fait la ville-centre? Elle n’a jamais respecté les limites de ces quartiers », se souvient madame Bérubé.

« Si le conseil actuel fait la même chose et ne respecte pas les engagements de ses prédécesseurs, il faudra se poser des questions », conclut-elle.

Compromis

Le maire de Rimouski, Marc Parent, estime avoir réalisé un compromis avec la proposition été adoptés lundi dernier. Rimouski va demander des exemptions pour le Bic et Sainte-Blandine, en plus de procéder à de légers réaménagements dans les autres districts. Le but est d’avoir une représentativité de plus ou moins 15% égale du poids des électeurs dans chaque district, sauf les deux districts éventuellement exemptés.

« Pour Saint-Robert, où il y avait des préoccupations par rapport à la modification du territoire, on remet, à toutes fins pratiques, les mêmes divisions. Nous avons pu diminuer les pourcentages d’écart pour les districts du Bic et de Sainte-Blandine, en les faisant passer de 38% à 25% et de 33% à 25%. Notre crainte était que si on n’avait pas étiré l’élastique au maximum, la Commission électorale aurait refusé la proposition et que ce soient des fonctionnaires de Québec qui décident du découpage de la Ville de Rimouski à notre place », expliquait monsieur Parent.

Les citoyens trouveront plus d’informations à ce sujet en cliquant ici pour se rendre sur le site web de la Ville.

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