COVID-19 L’inquiétude est palpable face à un nouveau confinement

L’inquiétude est palpable face à un nouveau confinement

Le gouvernement du Québec s’apprête à forcer les Québécois à suivre une nouvelle période de confinement qui pourrait aller jusqu’à quatre semaines et pourrait aussi imposer un couvre-feu à compter de samedi prochain.

Il semble que tous les yeux seront tournés vers le premier ministre François Legault en fin d’après-midi, alors qu’il présentera un point de presse à 17 h sur la situation de la crise sanitaire du coronavirus et fera connaître ses décisions sur les mesures sanitaires.



Le journal le soir partagera cette diffusion sur sa page Facebook. La menace de mise sur pause de l’économie préoccupe très sérieusement non seulement les citoyens, mais aussi de nombreux regroupements d’affaires et les milieux syndicaux.

La Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN), par exemple, tient à proposer des solutions de rechange pour que l’économie continue de tourner, tout en minimisant les risques pour la santé.


« Une grande majorité d’usines n’a pas eu de problèmes avec la COVID-19 en appliquant un protocole de prévention strict. Il faudrait renforcer les contrôles et prévoir des amendes dissuasives pour les quelques employeurs moins sérieux », fait valoir Louis Bégin, président de la FIM-CSN.

Des congés COVID-19 payés



Une autre mesure pourrait minimiser les risques de transmission du virus, selon les instances syndicales. « Il serait également temps que toutes les travailleuses et tous les travailleurs des usines du Québec aient accès à des congés payés lors des isolements préventifs en attente du résultat d’un test COVID-19 », insiste monsieur Bégin. « Sans ces congés payés, des travailleurs peuvent parfois décider de rentrer à l’usine pour pouvoir continuer à mettre du pain sur la table de leur famille, alors qu’ils présentent pourtant de légers symptômes », constatent les dirigeants syndicaux.

Nouvelles fermetures


Louis Bégin rappelle que la COVID-19 a fragilisé certains secteurs industriels. Il déplore notamment la fermeture de l’usine de Cascades, à Laval, qui fabriquait des produits en papier pour le secteur hôtelier et celui de la restauration. « Un 2e confinement risque de provoquer de nouvelles fermetures définitives », craint le président de la FIM-CSN.

Conséquences majeures

Le regroupement Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) s’inquiète des conséquences majeures que pourrait avoir un nouveau confinement du secteur manufacturier sur l’économie québécoise. L’Association recommande d’évaluer tous les scénarios possibles avant d’en arriver à fermer le manufacturier, un secteur névralgique pour l’économie québécoise.

« La hausse du nombre de cas est problématique. Depuis le début de la pandémie, les manufacturiers ont à cœur la santé et la sécurité de leurs travailleurs et ont mis en place des protocoles de mesures sanitaires établis selon les plus hauts standards de santé et sécurité. Ils ne ménagent aucun effort afin d’assurer un environnement sécuritaire pour les travailleurs et limiter les risques d’éclosion en milieu de travail », précise un communiqué.

« Il faut être en mesure d’obtenir des données précises sur le nombre d’éclosions dans les différents sous-secteurs du manufacturier de manière à agir de façon plus ciblée et à mieux les accompagner plutôt que d’opter pour une solution mur-à-mur visant à fermer l’ensemble du manufacturier », affirme Véronique Proulx, présidente-directrice générale de MEQ.

Compétition féroce

« Les entreprises manufacturières doivent planifier : elles ne peuvent se permettre de faire du « stop-and-go ». Elles doivent pouvoir s’engager auprès des clients et fournisseurs et respecter ces engagements. En plus, elles font face à une compétition féroce à l’international, notamment aux États-Unis, où leurs concurrents, eux, continuent d’opérer. Les carnets de commande vont être affectés, des clients seront perdus et on peut déjà entrevoir des pertes d’emplois. Il faut éviter un tel scénario », souligne Véronique Proulx.

Son organisation rappelle qu’un nouvel arrêt pourrait entraîner des impacts majeurs pour les 23 000 entreprises manufacturières qui emploient directement près d’un demi-million de personnes.

Des impacts sur l’économie

« L’arrêt forcé du printemps dernier a été très difficile pour l’industrie manufacturière, surtout dans un contexte où ses concurrents, ses clients et ses fournisseurs hors Québec n’ont pas arrêté d’opérer. »

En mars et avril dernier, les ventes manufacturières au Québec ont chuté de 28,5% ce qui représente près de 4 milliards de dollars. Au cours des deux mêmes mois, l’emploi manufacturier a chuté de 23 % alors que 115 000 travailleurs ont été mis à pied. Les entreprises ont fait des pieds et des mains pour que ces travailleurs reviennent dans le secteur manufacturier.

« Les manufacturiers sont un moteur de développement économique régional fort et contribuent à la relance économique. Il est juste de favoriser l’achat local, mais encore faut-il s’assurer que soit maintenue la fabrication locale », conclut madame Proulx.


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