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La Fabrique Saint-Germain encaisse un autre coup dur avec le vandalisme de la cathédrale

Déjà éprouvée par ses préoccupations pour sauvegarder la cathédrale de Rimouski, dont l’état suscite des inquiétudes depuis plus de six ans, la Fabrique Saint-Germain fait appel au public pour l’aider à effectuer des réparations à la suite d’un acte de vandalisme vraisemblablement commis avant-hier ou dans la nuit de mardi à mercredi.

La Fabrique se retrouve dans un conflit avec l’Archevêché sur la manière dont il faut gérer les activités, l’entretien et les réparations sur la cathédrale, fermée depuis novembre 2014. Les deux parties sont en cour pour régler leurs différends. Le Diocèse a séparé la Fabrique Saint-Germain des autres paroisses il y a cinq ans, dans un geste perçu comme une volonté de mettre des bâtons dans les roues è des marguilliers dûment élus.



Le principal bien attaqué par les actes de vandalisme des dernières heures a été l’orgue Casavant, dont la valeur est évaluée à 3,5 M$.

Très souffrant


« Disons que ça pourrait aller mieux, mais il faut faire face à la réalité. C’est un événement très, très souffrant pour nous. Nous n’avons pas d’assurances, après avoir pourtant préservé la cathédrale et son orgue, leur avoir fait bien attention. Nous avons fait tout ce qu’il fallait, mais malheureusement, là, des vandales se sont invités et sont venus saccager un bien aussi important que notre orgue. On n’a pas à faire une appréciation de la valeur de l’orgue, elle est intrinsèquement connue. Ce bien nous tient tellement à cœur qu’on se sent doublement atteint », confie le président de la Fabrique, Jean-Charles Lechasseur.

Jean-Charles Lechasseur à l’intérieur de la cathédrale. (Photo: journallesoir.ca, Pierre Michaud)

Les dommages



Ce dernier donne un aperçu des dommages causés à la cathédrale et à l’orgue.

« Premièrement, les vandales ont arraché quatre flûtes en chamade de l’orgue. Ce sont les tuyaux qui nous font face quand on est à l’orgue. Contrairement à ce qui a été dit précédemment, ce sont des tuyaux en zinc et non en cuivre. Les méfaits n’ont donc pas été causés pour se procurer du cuivre et le revendre. Ils ont écrasé deux de ces quatre tuyaux de façon marquée. Ces gestes viennent handicaper de façon importante la valeur de l’orgue et sa capacité de jouer pour l’instant. C’est réparable, mais c’est quand même un défi imposant. »


« Il y a eu des bris à des portes. On a saccagé une partie du vestiaire. Ils se sont emparés d’une vieille balayeuse qui a perdu des roues juste à faire le tracé de leur chemin. Ils sont entrés par l’entre-toit de la cathédrale. Les policiers n’en reviennent pas! Il fallait être comme un singe pour grimper là. On aurait dit des jeunes qui tentent d’accomplir des exploits de type « parcours ». Ils sont entrés au-dessus de la salle Saint-Germain; ils sont passés par le toit plat de la cathédrale, pour se retrouver devant une porte de toiture qui était fermée. Ils ont alors défoncé la partie ventilation et se sont introduits par là. Ils ont saccagé le vestibule. On se demandait comment ils avaient pu faire pour franchir les portes de la cathédrale barrées, sans trace d’effraction. On a finalement compris », relate monsieur Lechasseur.

Tous attaqués

Pour monsieur Lechasseur, les gestes posés se veulent un affront à tous ceux qui aiment la cathédrale et souhaitent la voir préservée.

« J’étais allé la veille et j’avais vérifié toutes les portes. Ils ont même complètement détruit des arrangements floraux. Ils se sont même rendus jusqu’à la crypte, un lieu de sépulture pour les corps des évêques. On ne comprend pas comment on peut atteindre de façon aussi vulgaire, de façon aussi gratuite des biens aussi symboliques. On vient atteindre toute personne qui reconnaît que la cathédrale et l’orgue sont des biens patrimoniaux importants et de grande qualité. Ce sont des gestes purement malveillants  », déplore Jean-Charles Lechasseur.

Appel au public

Ce dernier en profite pour lancer un appel au public.

« On se retrouve sans assurances et avec des coûts de réparation importants qu’on ne peut pas préciser pour l’instant. Nous demandons aux citoyens qui ont été touchés par ce malheur de nous envoyer des sous. On ne peut pas faire de miracles si les gens ne nous aident pas, mais on ne peut pas abdiquer vu l’importance de la cathédrale. Quant à l’orgue, c’est un joyau, une œuvre d’art d’une valeur inestimable. »

Les dons peuvent faire l’objet de reçus pour fins d’impôt. On les fait parvenir à Fabrique Saint-Germain, 11, rue Saint-Germain Ouest, Rimouski, G5L 4B4.

Du côté de la Sûreté du Québec, le sergent Claude Doiron confirme que l’enquête se poursuit. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous ne pouvons publier des photos des méfaits. Le policier rappelle que toute information pertinente peut être rapportée au  1-800 659-4264.


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