Nouvelle de 18 h Des notaires débordés devant la surchauffe du marché immobilier

Des notaires débordés devant la surchauffe du marché immobilier

La Chambre des notaires du Québec confirme que le marché immobilier régional est en surchauffe au point où les notaires du Bas-Saint-Laurent sont débordés de travail comme jamais.

Le journal le soir rapportait en mars que dans un marché où il est plus facile de vendre que d’acheter, l’inventaire des maisons à vendre a diminué de moitié en un an, dans la région de Rimouski, et la valeur des maisons a augmenté de 15% en moyenne.



Nous rapportions aussi, plus récemment, qu’au Québec, la valeur des propriétés a crû de près de 30% au cours de la dernière année.

Tout cela témoigne d’un marché immobilier bouillonnant qui exerce des pressions importantes sur la plupart des intervenants, comme les courtiers immobiliers et les notaires. Une des principales raisons est la crise sanitaire, car bien des ménages s’étant familiarisés avec le télétravail en ont maintenant fait un choix de vie.


La Chambre des notaires constate notamment que ce sont les régions du Québec les plus connues pour la qualité de leur villégiature, comme les Laurentides, la Montérégie, le Saguenay-Lac-Saint-Jean et le Bas-Saint-Laurent, qui sont les destinations les plus recherchées par les nouveaux acheteurs. Il y a cependant aussi beaucoup de transactions dans les milieux urbains.

Plusieurs semaines d’attente pour un rendez-vous



« Déjà, pour les notaires, en temps normal, la période allant d’avril à juin implique une demande très forte pour leurs services, imaginez qu’en surchauffe immobilière, cette année, c’est encore pire. Ce n’est pas une situation unique au Bas-Saint-Laurent. Il y a un engouement pour le marché immobilier depuis un an. Planifier pour avoir un rendez-vous chez un notaire ces temps-ci, ça peut prendre plusieurs semaines », confirme la directrice des communications et du service à la clientèle de la Chambre des notaires du Québec, Johanne Dufour.

Tous au 1er juillet?


Une partie importante de la clientèle qui a mis fin à son bail de location de logement est en demande en vue d’un déménagement le 1er juillet. Que peut faire le notaire si la date de possession est déjà fixée, mais que le rendez-vous pour l’acte notarié est difficile à confirmer auparavant? Bref, si celui-ci ne peut être tenu avant la date de prise de possession?

« Il faut que l’acheteur et le vendeur s’entendent. Il n’y a pas de miracle possible. Beaucoup de gens ont des notaires « de famille » un peu comme le médecin, qu’ils peuvent consulter. Il faut voir avec les intervenants comme le courtier. C’est clair que lorsque c’est déjà convenu dans l’offre d’achat, le notaire ne peut en changer la date. Il ne peut pas imposer une date de prise de possession. C’est aux deux parties de s’entendre sur une modification et d’en faire la demande, s’il y a lieu », explique madame Dufour.

Convenu

« Ce qui est convenu dans l’offre d’achat est convenu. Un notaire qui dépasserait sa capacité de prestation de services peut toujours demander à un collègue de prendre la relève ou demander aux deux parties de déplacer le rendez-vous. C’est parfois difficile. Même si bien des gens ne voient pas le travail qui est derrière tout ça, un contrat de vente ou un acte d’achat peuvent aussi entraîner des délais qui ne dépendent pas du notaire. Même en travaillant 115 heures par semaine, si le notaire n’a pas toute la documentation nécessaire pour clore la transaction en bon professionnel qu’il est, il devra attendre, lui aussi », répond la porte-parole de la Chambre.

Pour faciliter les choses, un acheteur peut consentir un bail en termes de semaines ou de mois à l’occupant des lieux, si l’acte de vente ne peut être signé avant la prise de possession.


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