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Des vertes et des pas mûres derrière l’histoire et la rénovation de la marina!

Un maire « obligé » de se présenter aux élections et les hauts et les bas de la naissance du « port de plaisance »

L’inauguration officielle des travaux de rénovation de la marina de Rimouski a permis d’apprendre des anecdotes cocasses concernant l’histoire de ce projet de plus de 4 M$ dans lequel la Ville a contribué à hauteur de 1,9 M$.

Devant une trentaine d’invités, le maire sortant, Marc Parent, a raconté qu’il s’était senti obligé, en 2016, de confirmer au ministre Dominique LeBlanc qu’il serait de retour à la mairie en 2017, lors des premières rencontres pour sensibiliser le gouvernement fédéral à ce projet, quelques mois auparavant. De son côté, le membre numéro 001 de la marina, celui qui est considéré comme son fondateur, Louis Arsenault, a raconté avec sa verve habituelle tout le cheminement parcouru depuis les années 1970 pour que le « port de plaisance », comme on l’appelait à l’époque, devienne aujourd’hui « la plus belle marina du Québec ».



Une partie de la marina qui compte aujourd’hui 149 places. (Photo: journallesoir.ca, Pierre Michaud)

« Il ne faut pas hésiter à dire que nous avons maintenant, à Rimouski, la plus belle marina au Québec », a déclaré monsieur Parent, avant de relater la première rencontre qu’il avait eue dans ce dossier avec le ministre LeBlanc, alors qu’il était accompagné de représentants de la marina, de la Société de promotion économique, de la Chambre de commerce et du directeur général municipal maintenant retraité, Claude Périnet.

« Nous avions constitué une escouade qui a dit clairement à monsieur LeBlanc qu’il fallait absolument régler le problème de la marina de Rimouski. Nous avions passé 45 minutes avec le ministre. Il nous a confirmé que la marina de Rimouski ferait partie des trois retenues au Canada pour les investissements dans des programmes appropriés. Un moment donné, je lui ai dit que j’étais content de pouvoir réaliser ce projet, parce que je n’en avais que pour quelques mois à la mairie et que je ne voulais pas me présenter en 2017. Je n’aurais pas dû. Des personnes qui m’accompagnaient ont tout de suite réagi pour rattraper la chose et ont dit au ministre qu’ils travailleraient à me convaincre. C’est un peu de leur faute si je me suis présenté aux dernières élections (pour assurer la bonne continuité du dossier), mais je vous assure que je ne me présenterai pas aux prochaines, ça c’est certain », a lancé monsieur Parent.


Une trentaine de personnes étaient présentes. (Photo: journallesoir.ca, Pierre Michaud)

À côté des bateaux de pêche

Le « vieux loup de mer », Louis Arsenault, a rappelé ses origines acadiennes et raconté le long parcours qui a mené à la création de la marina.



« Nous étions au départ trois ou quatre amateurs de navigation de plaisance. Nous devions garder nos bateaux dans le port, à côté des bateaux de pêche. C’était relativement sécuritaire, dans le sens que l’on était protégés des vents du Nord et de l’Est, mais il n’y avait aucun service. Pour accéder à nos bateaux, surtout à marée basse, ça voulait dire qu’on devait utiliser l’échelle du quai pour descendre à nos embarcations. Ça ne me faisait rien, car j’étais jeune à l’époque, mais mes invités, surtout quand c’étaient des femmes, n’aimaient pas toujours ça. Ce n’était pas très attrayant. On ne connaissait même pas  à l’époque le mot « marina ». On parlait alors de ports de plaisance, mais on a commencé à souhaiter d’avoir une place plus accommodante, avec l’eau et l’électricité, notamment », a mentionné monsieur Arsenault.

Messieurs Trudel, Parent et Arsenault procédant à la coupe officielle du ruban d’inauguration. (Photo: courtoisie, Ville de Rimouski)

L’affaire des riches


« Mais on ne pouvait pas trop en parler en public, parce que nous étions considérés dans l’opinion générale, les propriétaires de bateaux de plaisance, comme des riches. Comme nous étions riches, il n’était pas question de solliciter une contribution des gouvernements. On ne savait pas trop quoi faire. On souscrivait quand même à l’idée d’avoir, un jour, notre marina. Différentes organisations municipales et socio-économiques nous ont aidés à constituer un mémoire qui justifiait la construction de la marina avec des quais spécifiques. On s’est aperçu qu’il pourrait y avoir plusieurs usages. On a tous fait corps pour obtenir la marina. Tous ont poussé dans le même sens. Avant de se fixer ici (port de Rimouski-Est), le projet a « voyagé » entre Le Bic et Pointe-au-Père », a aussi relevé monsieur Arsenault.

À l’eau!

Une autre suggestion pour un projet nautique d’un groupe dans lequel était impliqué monsieur Arsenault s’est cependant retrouvée « à l’eau »!

« Un jour, on a lu dans les journaux que le gouvernement du Québec avait pour projet de développer un réseau d’accueil nautique pour les bateaux en provenance des États-Unis. Le ministre du Tourisme avait lancé cette idée. Les gros bateaux américains pourraient arriver par le fleuve et le Richelieu et profiter de ce réseau. Nous sommes partis pour aller rencontrer le ministre. J’avais fait un grand dessin pour situer Rimouski, avec des pontons et des bateaux. On s’en va à Québec avec ça et on rencontre le ministre. Il nous dit que c’est justement le genre de projet qu’il voulait. Il me dit « donnez moi votre dossier », je vais m’occuper de ça. Il est parti avec mon dessin et on n’a jamais plus entendu parler de ce projet. On a su par après que tout l’argent de ce projet dont disposait le ministre avait servi à doter Sorel d’une magnifique marina. On ne voyait pas de « plus » à faire de même ailleurs, dont à Rimouski, mais ce fut un pas important de toute façon. »

Installations remarquables

La réfection des installations a bénéficié d’une subvention provenant du Programme des ports pour petits bateaux de Pêches et Océans Canada et d’un investissement de 1,9 M$ par la Ville de Rimouski.

 « Le travail de collaboration avec le gouvernement fédéral nous permet d’avoir des installations et un accès au plan d’eau tout à fait remarquables. Les pêcheurs commerciaux et les plaisanciers peuvent désormais profiter d’aménagements très sécuritaires. Le nouveau visage de la marina permet aussi de faire rayonner la ville et de contribuer à son développement touristique alors que Rimouski est plus attractive que jamais », a aussi commenté Marc Parent.

Travaux majeurs

Amorcés en mai 2019, les travaux effectués incluent le remplacement de tous les pontons ainsi que leur système d’ancrage au fond marin; le remplacement des deux passerelles d’accès ainsi que l’ajout d’une troisième passerelle; l’ajout de trottoirs pavés; la reconstruction de la rampe de mise à l’eau et la mise à niveau du réseau de distribution électrique et de celui d’eau potable. Les nouvelles installations permettent maintenant d’accueillir jusqu’à 149 embarcations.

« Les nouvelles installations sont exceptionnelles! Nous attendions ces travaux depuis longtemps et le projet est maintenant complété. Les utilisateurs de la marina peuvent profiter d’infrastructures portuaires sécuritaires et adaptées à leurs besoins. Cette journée d’inauguration vient mettre un point d’exclamation à ce projet de grande envergure qui assure la pérennité des installations », a expliqué pour sa part Sylvain Trudel, commodore de la marina de Rimouski.

Sylvain trudel (Photo: journallesoir.ca, Pierre Michaud)

Rappelons qu’avant la rétrocession à la Ville de Rimouski de ses installations portuaires, des travaux de prolongement de la jetée et de dragage ont été effectués. Le transfert des infrastructures portuaires à la Ville de Rimouski a été annoncé le 8 août 2018.


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