COVID-19 > Au pire de la crise, on insiste pour une enquête
COVID-19

Au pire de la crise, on insiste pour une enquête

« Les Québécois doivent réaliser que le gouvernement prend ses décisions seul »
Pascal Bérubé (Photo: courtoisie)

Le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, et le Parti Québécois se font insistants pour que le gouvernement du Québec cesse de prendre ses décisions en vase clos, en ce qui concerne la crise sanitaire du coronavirus.

Le PQ se fait le promoteur de la candidature de la docteure Joanne Liu, une sommité en matière de lutte aux épidémies dans le monde, afin qu’elle soit intégrée dans la cellule de crise du gouvernement Legault. Le PQ estime aussi qu’il faut une commission d’enquête sur la gestion de la crise sanitaire, tandis que l’on se retrouve dans un tournant critique de celle-ci en ce début d’année.

Les pires résultats au pays

« Notre proposition au gouvernement du Québec est d’ajouter la docteure Joanne Liu à la cellule de crise, parce qu’on a besoin d’une nouvelle impulsion. Or, il se trouve que c’est la plus grande spécialiste québécoise des pandémies. Elle n’est pas sollicitée par le gouvernement du Québec, alors que les résultats enregistrés par le Québec sont les pires au Canada. Ce sont les pires sur le plan de la contamination, mais aussi sur ceux des décès et des hospitalisations. Le Québec a le pire bilan au Canada. Le gouvernement du Québec ne le dit jamais, mais c’est bien vérifiable », lance monsieur Bérubé.

Métal du Golfe_VF

« La situation actuelle justifie que l’on donne une nouvelle impulsion à sa gestion. La docteure Liu n’a pas seulement la compétence, mais elle a aussi l’indépendance nécessaire face au gouvernement du Québec. Dans les circonstances, nous avons besoin de confiance autant que de compétence. Elle répond à ces deux critères. »

Réaction positive

« Je ne dis pas qu’elle devrait remplacer le docteur Arruda (Horacio, directeur national de la Santé publique), mais d’ajouter une femme compétente, une scientifique de très haut niveau et de réputation internationale. Notamment pour avoir combattu le virus Ebola en Afrique. Elle a été aussi présidente de Médecins sans Frontières. Nous n’avons pas eu de réactions du gouvernement depuis que nous avons fait cette proposition, vendredi dernier, mais le public, lui, a réagi de manière très positive. Sans doute, parce que nous faisons une proposition qui est très positive », soutient Pascal Bérubé.

« Quand on se rapproche du cap des 12 000 décès, c’est la moindre des choses d’essayer de comprendre ce qui s’est passé. » -Pascal Bérubé

Commission d’enquête

Ce dernier estime que la tournure que vient de prendre la pandémie justifie la tenue d’une commission d’enquête sur sa gestion par le gouvernement du Québec. Celui-ci gouverne par décret depuis bientôt deux ans.

« On a été les premiers à le réclamer et ce qu’on demande en particulier, c’est une enquête publique et indépendante. Quand on se rapproche du cap des 12 000 décès, c’est la moindre des choses d’essayer de comprendre ce qui s’est passé, par respect pour les familles des défunts. Tout ça nous invite à apprendre, car il y en aura d’autres pandémies. C’est un passage obligé. On pourrait croire que le gouvernement de la CAQ ne veut pas tenir d’enquête ou de commission, de peur de se faire blâmer », fait valoir monsieur Bérubé.

Au pire?

Le journal a demandé à monsieur Bérubé s’il appréhende de nouvelles mesures sanitaires encore plus contraignantes dans les prochains jours. De plus, il réclame plus de transparence et de consultation.

« À partir du moment où on instaure un couvre-feu et qu’on fait appel à l’armée, je me demande ce qu’on pourrait ajouter comme mesure supplémentaire. À ce propos, j’aimerais que les Québécois réalisent un certain nombre de choses. Le gouvernement prend ses décisions seul. Il ne consulte jamais l’opposition et même s’il le faisait, il est majoritaire en Chambre. Il n’y a pas de contrepoids possible. Il n’y a même pas de vote possible, car le gouvernement dirige par décret. Il a tous les pouvoirs. Quoi qu’on puisse dire dans l’opposition, le gouvernement a le dernier mot. On ne peut pas influencer ses décisions. Un gouvernement qui dirige par décret, on n’a pas vu ça depuis 50 ans », répond Pascal Bérubé, rappelant que nous sommes dans une année électorale.

Reprise de la session parlementaire

Les députés de l’Assemblée nationale se retrouveront en Chambre le 1er février et la session se terminera en juin. Ce sera la dernière session parlementaire avant les élections du 3 octobre.

« Je vais essayer de régler le plus grand nombre de dossiers possible, parce qu’après, la machine gouvernementale tournera au ralenti. Donc, jusqu’à juin, je vais maximiser mes représentations en ce sens. Entretemps, je fais le tour des conseils municipaux nouvellement élus. J’ai d’abord rencontré celui de la Ville de Matane. Les quatre prochains seront ceux de Mont-Joli, Amqui, Sainte-Luce et Causapscal », conclut monsieur Bérubé.

Facebook Twitter Reddit