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Nouvelle de 18 h

« Le sentiment d’appartenance est fort »

-Un militant qui s’est battu pour l’Héritage I
L’Héritage I en route de Trois-Pistoles vers Les Escoumins. (Photo: capture d’écran-Facebook-Seb Rioux création de contenu numérique)

Un coup d’œil sur ce qui a été accompli par le comité de citoyens qui a obtenu la réfection du traversier l’Héritage I, à Trois-Pistoles, permet de constater à quel point le sentiment d’appartenance envers son service de traversier est fort, au sein de la population des Basques.

À force de démonstrations et de manifestations, dont une réunissant 120 personnes sur la colline Parlementaire en septembre 2020, ce comité de citoyen a permis de réunir les 5 M$ nécessaires à la réfection du navire qui porte fièrement le nom d’une oeuvre de l’auteur fétiche de Trois-Pistoles, Victor-Lévy Beaulieu.

Comparaison entre les services de Rimouski et de Trois-Pistoles

Dans les reportages réalisés au sujet du service de traverse Rimouski-Forestville, dans les derniers jours, on a mentionné que l’objectif est d’avoir à Rimouski, avec le nouvel appel d’offres, un service au minimum semblable à celui offert à Trois-Pistoles. Le Journal Le Soir a donc préparé un portrait du service proposé par la Compagnie de navigation des Basques.

L’Héritage I est capable d’accueillir 195 passagers et 42 véhicules avec son pont de 4,2 M de haut. Il permet le passage vers la rive Nord à entre 10 000 et 12 000 véhicules par an et à entre 37 000 et 38 000 passagers. Il circule de mai à octobre.

Le CNM Évolution, qui a cessé ses activités à Rimouski l’an dernier, pouvait accueillir 30 véhicules et 175 passagers. Il transportait autour de 40 000 passagers par année.

Le CNM Évolution a fidèlement desservi Rimouski et Forestville pendant 25 ans. (Photo: courtoisie, Christian Boudreau)

Différence fondamentale

Une différence est fondamentale : le CNM Évolution est la propriété d’Hilaire Journeault et du Chantier naval de Matane alors que l’Héritage I est de propriété publique. À Matane, le service vers Godbout/Baie-Comeau est public et assuré par la Société des traversiers du Québec (STQ). À Rivière-du-Loup, il est privé, mais bénéficie de subventions gouvernementales en raison de la longueur étendue de sa saison.

À Rimouski, pour ce qui est du nouvel appel d’offres, rien n’empêche en théorie que ce soit un service public ou privé qui soit mis en place.

« Le lien maritime entre Trois-Pistoles et Les Escoumins est névralgique pour l’ensemble de l’économie de Trois-Pistoles et des Basques. Les retombées économiques attribuables au service de traversier sont très importantes. On parle d’environ 30% de l’achalandage touristique de toute une saison, à ma connaissance. Les récentes études de la STQ vont en ce sens là et viennent confirmer ce qu’on disait en cours de mobilisation. Ce traversier-là est une bouffée d’oxygène absolument nécessaire à notre communauté. De plus, on parle également d’emplois de qualité qui sont maintenus et permettent à leurs détenteurs de demeurer dans notre région. Il y a également la question de l’infrastructure qui est très importante. À Trois-Pistoles, le quai est de propriété municipale et c’est une activité économique absolument essentielle qui permet à la population et à l’économie des Basques de tirer son épingle du jeu. Tout en étant bien conscient qu’il fait maintenir cette infrastructure, on est aussi conscient du fait que les activités de marina seules ne permettraient pas de générer assez d’argent pour maintenir l’infrastructure en bon état », affirme Guillaume Legault, qui était un des porte-parole du comité.

Guillaume Legault, à droite, lors d’une intervention à l’Assemblée nationale. (Photo: courtoisie)

Une régie intermunicipale assure le bon fonctionnement

L’auteur de ces lignes a appris que si la mobilisation et si l’implication du milieu étaient aussi fortes à Rimouski qu’à Trois-Pistoles, le gouvernement du Québec serait beaucoup plus disposé à aider financièrement Rimouski en cas de besoin.

« Le gouvernement semble avoir eu énormément de plaisir, pendant notre mobilisation, à qualifier notre service de service privé. Il n’y a rien de plus faux. La Compagnie de navigation des Basques est une régie intermunicipale qui englobe les municipalités et les MRC de part et d’autre du fleuve. La première nation Essipit (Les Escoumins) est aussi propriétaire. C’est un partenariat municipal et entre nations. C’est une société publique qui ne reçoit aucun financement récurrent de la part de l’État, comparativement à la traverse de Rivière-du-Loup qui reçoit du financement à travers différentes ententes », note monsieur Legault.

Le Comité Sauvons L’Héritage a tenu une imposante manifestation à Québec il y a deux ans. (Photo: Comité Sauvons L’Héritage-Facebook)

Sentiment d’appartenance

Et le sentiment d’appartenance est très fort à Trois-Pistoles, conclut monsieur Legault.

« Les gens ont éprouvé une grande fierté du fait de pouvoir maintenir ce service de traverse par la force de la mobilisation. Il faut rappeler que c’est le plus ancien lien maritime entre les deux rives du fleuve, au Québec. Le sentiment d’appartenance est là. L’hiver, le navire est stationné sur son lit de glace à Trois-Pistoles et les gens se rendent régulièrement le voir. Il y a un attachement culturel, émotif et citoyen à ce navire, surtout compte tenu que ce n’est pas la première fois qu’on se bat pour le garder. Nous en aurions été la troisième, semble-t-il. On est vraiment fier. »

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