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Finance, économie et investissement

Les mythes qui coûtent cher aux investisseurs

Conseils financiers du Groupe Benoit Arsenault
Le conseiller adjoint en gestion de patrimoine, Alec Gauthier, du Groupe Gagnon Arsenault chez Valeurs mobilières Desjardins. (Photo courtoisie)

Vous avez probablement déjà entendu l’une de ces phrases : « J’attends une baisse avant d’investir », « Les actions sont trop risquées » ou encore « Il faut être riche pour investir ».

Ces affirmations semblent logiques à première vue.

Pourtant, plusieurs des croyances les plus répandues sur l’investissement peuvent nuire davantage à la croissance d’un patrimoine qu’une mauvaise année boursière. Voici quelques mythes qui méritent d’être remis en question.

Premier mythe : il faut attendre le bon moment pour investir

De nombreux investisseurs reportent leur décision d’investir parce qu’ils craignent une correction boursière ou jugent que le contexte économique n’est pas favorable.

Le problème est que personne ne réussit à prévoir de façon constante les hauts et les bas des marchés. Les meilleures journées surviennent souvent au milieu des périodes d’incertitude, lorsque plusieurs investisseurs préfèrent ne pas agir.

Les données historiques démontrent qu’un investisseur ayant investi pleinement dans la bourse américaine (S&P 500) au cours des 26 dernières années aurait obtenu un rendement annualisé d’environ 8,5 %.

En ratant seulement les dix meilleures journées de marché, ce rendement aurait presque été réduit de moitié pour s’établir à 5,2 %. En manquant les 40 meilleures journées, il serait même devenu légèrement négatif.

Cette réalité explique pourquoi tenter d’anticiper le moment idéal pour investir constitue souvent une stratégie perdante.

De la même façon, conserver trop d’argent en liquidités peut paraître prudent, mais l’inflation érode progressivement le pouvoir d’achat de l’épargne. À long terme, le risque n’est pas seulement de perdre de l’argent, mais aussi de ne pas le faire croître suffisamment.

Deuxième mythe : les actions sont trop risquées

Les marchés boursiers montent et descendent. Voilà ce qu’on appelle la « volatilité ». Plusieurs investisseurs associent automatiquement cette volatilité à un risque excessif.

Pourtant, le risque ne se résume pas aux fluctuations à court terme. Pour un investisseur dont l’horizon est de plusieurs décennies, la véritable menace peut être de ne pas obtenir suffisamment de croissance pour atteindre ses objectifs financiers.

Il existe également une idée répandue selon laquelle les investisseurs qui réussissent prennent nécessairement de gros risques. En réalité, les résultats durables proviennent souvent davantage de la diversification, de la régularité et de la discipline que de paris audacieux sur quelques titres ou secteurs.

Il est aussi important de comprendre que les pertes et les gains ne sont pas équivalents. Une baisse de 50 % exige un gain subséquent de 100 % pour revenir au point de départ. Cette asymétrie rappelle l’importance de gérer les risques et d’éviter les pertes majeures lorsque cela est possible.

Contrairement aux jeux de hasard, investir repose sur la croissance des entreprises, l’innovation et la création de richesse au fil du temps.

Historiquement, les actions ont offert des rendements supérieurs aux obligations et aux liquidités précisément parce que les investisseurs acceptent une certaine volatilité en échange d’un potentiel de croissance plus élevé.

Troisième mythe : investir est réservé aux riches

Plusieurs personnes croient qu’il faut disposer de sommes importantes avant de commencer à investir.

Pourtant, le facteur le plus puissant en investissement n’est pas le montant initial, mais le temps. Même de petites contributions peuvent profiter de l’effet de la capitalisation, grâce auquel les rendements génèrent à leur tour de nouveaux rendements.

Selon les données présentées dans le graphique ci-dessous, un investisseur ayant versé seulement 50 $ par mois pendant 26 ans aurait investi un total de 15 600 $.

Grâce à la croissance des marchés, cette somme aurait pu atteindre près de 56 000 $ dans un portefeuille équilibré et plus de 94 000 $ dans un portefeuille investi dans des actions américaines.

L’investissement n’est donc pas une question de richesse initiale, mais plutôt une question de constance et d’habitudes financières.

Quatrième mythe : plus un portefeuille contient de placements, plus il est diversifié

À première vue, posséder plusieurs fonds ou des centaines de titres semble être la meilleure façon de diversifier un portefeuille.

Or, plusieurs placements détiennent souvent les mêmes grandes entreprises. Un investisseur peut donc accumuler des fonds sans réellement réduire son exposition aux mêmes secteurs ou aux mêmes risques.

La véritable diversification consiste plutôt à répartir les risques entre une variété de catégories d’actifs, de régions géographiques et de secteurs économiques. L’objectif est de

combiner des placements qui ne réagiront pas tous de la même façon aux événements économiques.

Ce n’est pas le nombre de placements qui compte, mais leur complémentarité.

D’autres mythes tenaces

L’or est souvent présenté comme une valeur refuge universelle. Bien qu’il puisse jouer un rôle de diversification dans certains portefeuilles, son historique récent montre qu’il n’offre pas toujours le meilleur compromis entre rendement et risque.

De leur côté, les actions affichant un rendement en dividendes élevé ne sont pas automatiquement plus sûres. Comme le rendement du dividende est calculé en fonction du cours de l’action, une forte baisse du titre peut faire grimper artificiellement ce rendement en dividende.

Dans certains cas, ce qui semble être une occasion attrayante s’avère plutôt un signal révélant que le marché s’inquiète de la santé financière ou des perspectives de l’entreprise.

Les obligations ne sont pas sans risque non plus. Elles peuvent ressentir les effets de l’inflation, des variations de taux d’intérêt ou encore du risque de défaut d’un émetteur.

Enfin, une action qui a fortement chuté ne remontera pas nécessairement à son sommet précédent. L’histoire boursière regorge d’entreprises qui n’ont jamais retrouvé leur valeur d’antan.

En conclusion

Les plus grandes erreurs en investissement ne proviennent pas toujours d’un mauvais choix de placement. Elles découlent souvent de croyances qui semblent logiques de prime abord.

Les données historiques rappellent une leçon simple : le temps passé sur les marchés compte généralement davantage que le choix du moment d’y entrer. Commencer tôt, investir régulièrement et maintenir une diversification réfléchie demeurent des stratégies figurant parmi les plus efficaces pour bâtir un patrimoine à long terme.

Alec Gauthier, M. Sc. – Conseiller adjoint en gestion de patrimoine, Valeurs mobilières Desjardins

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