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Stade intérieur de Rimouski : la logique du choix

L'opinion de Robin Lebel
Une esquisse du futur stade intérieur de Rimouski, proposée par Honco Bâtiment et LFG Construction (Photo courtoisie)

Dans le dossier du complexe multisports, la Ville de Rimouski a tranché : c’est le consortium Honco Bâtiments et LFG Construction qui réalisera le projet.

Une décision qui a surpris plusieurs acteurs régionaux, notamment parce que l’autre soumissionnaire, Technipro BSL, proposait un projet moins coûteux et porté par une entreprise locale. Mais derrière les chiffres, la mécanique du choix raconte une tout autre histoire.

Le mode conception-construction impose une logique différente de l’appel d’offres traditionnel. Ici, le prix ne pèse que 10 % de la note finale. Le reste repose sur la qualité du concept, la compréhension du mandat, la performance énergétique, la méthodologie et la capacité à dépasser les exigences techniques.

Autrement dit, ce n’est pas l’offre la moins chère qui l’emporte, mais celle qui démontre la meilleure maîtrise globale du projet. C’est précisément sur ce terrain que le consortium Honco-LFG s’est démarqué.

Grille d’analyse

Selon la grille d’analyse, son projet présentait une vision architecturale plus aboutie, une meilleure intégration au site et une compréhension plus fine du Programme fonctionnel et technique (PFT). Le comité a également jugé que la proposition offrait une meilleure fonctionnalité intérieure, une circulation plus fluide et une organisation des espaces plus cohérente avec les besoins exprimés.

Sur le plan technique, l’écart s’est accentué. Honco-LFG a obtenu de meilleures notes en performance énergétique, en méthodologie de réalisation et en contrôle de la qualité, trois critères qui représentent une part importante de la pondération. Le consortium a aussi été mieux évalué quant à sa capacité de dépasser les exigences minimales, un élément clé dans ce type de processus.

Le fondateur de Technipro BSL, Marc Pigeon et le maire de Rimouski, Guy Caron (Photos tirées de la webdiffusion- Ville de Rimouski)

Du côté de Technipro, le discours diffère. L’entreprise soutient que certaines exigences du devis favorisaient un type de structure que les entreprises locales ne pouvaient offrir. Elle estime que le cadre technique de l’appel d’offres réduisait sa marge de manœuvre et limitait la possibilité de proposer une solution réellement compétitive. Malgré un prix inférieur d’environ 1,2 M$, son projet a été jugé moins performant sur plusieurs critères déterminants.

Qualité plutôt que coût

Au final, la décision de la Ville repose sur une logique assumée : privilégier la qualité globale plutôt que le coût immédiat. Dans un contexte où les infrastructures sportives doivent durer plusieurs décennies, la robustesse technique et la performance énergétique pèsent lourd dans la balance.

Reste que ce choix soulève une question légitime : comment concilier l’ouverture aux grands consortiums spécialisés et la volonté de soutenir l’expertise régionale ? Le débat ne fait que commencer.

Une chose demeure claire : dans ce dossier, ce n’est pas le prix qui a parlé, mais la capacité à livrer un projet jugé plus solide, plus durable et plus aligné avec les attentes de la Ville. Le temps donnera peut-être raison à l’administration municipale.

Il subsiste toutefois une réalité tout aussi indiscutable. Technipro vit ici, paie ses taxes ici et demeure un important générateur d’emplois.

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