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Le logement existe à Rimouski, mais n’est plus abordable

« C’est comme si la crise s’était normalisée »
C’est la semaine des déménagements au Québec. (Photo courtoisie)

En ce 1er juillet, la crise du logement continue de se faire sentir à Rimouski. En date du 25 juin, 21 ménages étaient hébergés temporairement selon l’Office d’habitation de Rimouski-Neigette, tandis que plusieurs autres cherchaient toujours un logement. Le problème n’est plus seulement de trouver un logement, mais surtout d’avoir les moyens de le payer.

Les personnes qui risquent de se retrouver sans logement font appel au Service d’aide à la recherche de logement de l’Office d’habitation de Rimouski-Neigette. La semaine dernière, 81 dossiers étaient actifs.

« Des personnes qui ont besoin de trouver autre chose et qui n’ont pas de solution, des gens qui sont logés temporairement chez quelqu’un, quand même en sécurité. D’autres qui ne sont pas bien dans leur logement actuel et qui veulent améliorer leur situation », précise le directeur des relations avec la clientèle, Daniel Bélanger.

Au Comité logement Bas-Saint-Laurent, le volume d’appels est comparable à celui de l’an dernier. Toutefois, les gens ont commencé plus tôt leurs démarches de recherche.

« C’est comme si la crise s’était normalisée. C’est devenu une pratique courante de commencer les recherches très longtemps d’avance pour tenter de trouver un logement », explique l’intervenant en défense des droits, Thomas Savy.

Le marché est maintenant difficile pour la classe moyenne. (Photo Le Soir archives- Johanne Fournier)

La situation des ménages en hébergement temporaire est préoccupante. Sur les 21 ménages logés de façon temporaire en date du 25 juin à Rimouski, 11 s’étaient ajoutés comparativement au début du mois. La majorité est hébergée chez des proches.

« Ce chiffre-là est probablement beaucoup plus bas que la réalité. Ce sont les gens qui ont levé la main. On ne compte pas les personnes qui vont se débrouiller par elles-mêmes. C’est une forme d’itinérance cachée, particulièrement chez les femmes », estime monsieur Bélanger.

Des loyers de plus en plus élevés

Les nombreuses mises en chantier des dernières années ont contribué à faire augmenter le taux d’inoccupation des logements à Rimouski. Malgré tout, plusieurs ménages peinent toujours à se loger en raison du coût élevé des loyers.

Les propriétaires demandent désormais autour de 1 300 $ par mois pour un logement de quatre pièces et demie, alors qu’un simple studio peut coûter près de 900 $. Rimouski affiche maintenant des prix comparables à ceux de certains grands centres urbains, une réalité qui frappe durement les ménages à faible revenu.

« Ce qu’on constate, c’est que ce sont surtout les logements les plus chers qui sont disponibles. Ce n’est plus seulement une crise du manque de logements, mais surtout un manque de logements abordables », mentionne Thomas Savy.

Selon lui, les propriétaires des immeubles récemment construits fixent des loyers élevés afin de récupérer rapidement leurs coûts de construction, ce qui exerce une pression à la hausse sur l’ensemble du marché.

« Construire du logement en espérant que les loyers baissent parce que l’offre augmente, il y avait un peu de pensée magique là-dedans. »

La crise alimente l’itinérance à Rimouski

Cette crise de l’abordabilité contribue à une augmentation de l’itinérance, estime Thomas Savy. « Le dernier portrait de l’itinérance montre non seulement une hausse du phénomène, mais aussi une accélération. De plus en plus de personnes se retrouvent dans cette situation et de plus en plus rapidement. »

À l’Office d’habitation, près du tiers des demandes d’aide proviennent de personnes à la recherche d’une chambre ou d’un logement d’une pièce et demie semi-meublé à environ 500 $ par mois. Or, ce type de logement est devenu pratiquement introuvable à Rimouski.

« Ce sont ces personnes que l’on risque de voir de plus en plus basculer dans l’itinérance », déplore Daniel Bélanger.

Le problème de la crise du logement à Rimouski est maintenant d’avoir les moyens de le payer, selon le Comité logement Bas-Saint-Laurent. (Photo courtoisie)

Le problème ne touche plus uniquement les personnes à faible revenu. Plusieurs ménages de la classe moyenne disposent d’un budget d’environ 900 $ par mois pour se loger.

« Le marché est rendu à 1 300 $. On n’est pas encore au point de rupture, mais bientôt cette clientèle ne sera plus capable de se loger non plus. »

La crise du logement qui perdure entraîne une baisse importante du taux de rotation des logements à Rimouski. Craignant de ne pas retrouver un logement abordable, de nombreux locataires préfèrent demeurer dans des conditions difficiles plutôt que de risquer de perdre leur toit.

Taux de rotation élevé

Dans un marché où les loyers sont élevés et où le taux d’inoccupation demeure faible, le nombre de ménages qui changent de logement chaque année est en baisse. Le taux de rotation se situe habituellement autour de 20 % dans un marché équilibré.

À Rimouski, il est d’environ 12 %, selon le Comité logement Bas-Saint-Laurent. Cette réalité peut avoir des conséquences importantes sur la santé et la sécurité des personnes, rappelle Thomas Savy.

« Même si ce n’est pas de l’itinérance, des personnes vont demeurer dans des situations nocives, que ce soit en contexte de violence conjugale, d’insalubrité ou d’insécurité. Avant la crise, il était plus facile de quitter un logement qui nuisait à la santé ou à la sécurité des occupants. »

La perte d’un emploi, une séparation ou la naissance d’un enfant peuvent également modifier un logement. Les difficultés liées au logement peuvent augmenter les tensions au sein des couples, favoriser les séparations et accroître les situations de violence à domicile, dont chez les femmes et les enfants.

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