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Tristan Demers, un artiste polyvalent et à l’œuvre

Tristan Demers (Photo Facebook – Tristan Demers)

Alors que le Salon du livre de Rimouski de 2022 débarque la semaine prochaine, le Journal Le Soir s’est entretenu avec l’auteur et bédéiste Tristan Demers, l’un des invités d’honneurs du Salon de cette année.

Monsieur Demers, qui cumule de nombreuses années de travail dans son milieu, sera présent du 3 au 6 novembre prochain, pour présenter ses œuvres en tant que détaillant de ses propres livres.

Près de 400 Salons du livre

Les Salons du livre, Tristan Demers les connait et ce, depuis longtemps.

« Des Salons, j’en ai fait 360 environ. Je dois approcher du 400. J’en fais 15-20 par année et il s’agit de ma 37e année de Salon. C’est toujours un plaisir, si j’avais eu à me tanner, je me serais tanné avant. À un moment donné, ça ne prend pas 300 Salons avant de comprendre si on aime ça ou pas. Le Salon de Rimouski est spécial pour moi parce que je le fais depuis très longtemps.

« J’ai commencé en 1987, lorsque j’avais 15 ans. J’en ai aujourd’hui 50. Je m’en souviens parce qu’en 1987, c’est à ce moment que René Lévesque est décédé, pendant la période du Salon du livre. Ç’a causé l’émoi et toute une discussion autour de cet homme politique. Nous sommes toujours très bien accueillis dans le Bas-Saint-Laurent. Ça doit faire cinq ou six ans que je n’y ai pas participé. Il y a eu la pandémie et d’autres opportunités de tournées en Europe, qui font que je ne l’ai pas fait depuis longtemps. »

Comment créer autant

Si l’auteur réussi à être aussi prolifique dans son travail, il identifie deux aspects qui l’aident dans sa démarche artistique, y compris les Salons du livre.

« Pour moi, le Salon du livre est vraiment un contact privilégié entre l’auteur et le lecteur, ou encore entre le lecteur et l’auteur. Je trouve que c’est nécessaire, j’en ai besoin pour créer. J’ai besoin de voir ceux à qui je m’adresse, j’ai besoin de leur parler. J’ai besoin d’avoir un retour, de savoir ce qu’ils aiment ou ce qu’ils aiment moins, leurs idées. »

« C’est beaucoup dans ce que je vis. Quand tu produis tout le temps, il faut que tu ailles une vie riche, une vie enrichit d’expérience. Il y a deux façons de travailler. Tu peux travailler, donner un coup, faire une pause, vivre un peu, accumuler les expériences et les souvenirs. Les transformer dans ta tête et pondre ensuite quelque chose. »

« Comme je sors entre cinq et huit livres par année, j’ai besoin à travers tout ça de vivre des expériences, parce que sinon je vais juste sortir du jus et je ne rentrerai pas de nouvelles expériences dans ma tête, qui vont se transformer en histoire. C’est pour cela que je voyage beaucoup, que je fais plusieurs Salons du livre, que je travaille dans les écoles, je fais de la télévision, je fais plein de choses, des conférences. Je travaille aussi beaucoup en Europe. Ça me permet de toujours avoir des idées fraiches dans ma tête. Comme ça, je peux m’assurer d’avoir du contenu dans mes prochaines créations. »

À l’œuvre depuis longtemps

Rappelons que Tristan Demers a commencé sa carrière à l’âge de 10 ans. S’il lui est difficile de percevoir comment son début de carrière a influencé son travail, il sait que son parcours, différent de la norme, a eu un impact sur sa vie actuelle.

« Je n’ai pas beaucoup d’autres points de repère, parce que j’ai commencé à 10 ans. J’ai commencé les Salons du livre à 13 ans, j’ai commencé à faire de la télévision à 13 ans. À 15 ans j’avais un bureau, deux employés, à 17 ans je travaillais en France. Donc entre l’âge de 10 et 17 ans, j’ai comme installé des bases de ce qui deviendrait mon studio de création en entreprise, avec déjà des gens à qui je déléguais du travail quand j’étais en secondaire 3 : un développeur commercial, graphiste.

« Je travaillais déjà avec des gens comme ça. C’est sûr que ç’a eut un impact sur ma vie d’adulte actuelle, parce que je me suis construit dans un univers de milieu d’affaires. J’étais déjà un petit homme d’affaires à 12-13 ans, alors ça ne peut pas faire autrement que d’avoir un impact sur ce que tu deviens. À l’époque, je me sentais déjà décalé des autres adolescents parce que j’étais toujours avec des adultes. »

En d’autres termes

En se reflétant sur le chemin qu’il a parcouru au cours de sa carrière, Tristan Demers a su apprendre quel était son rôle et ses forces dans son travail.

« Je dis souvent que je me suis inventé un gros jouet avec lequel j’ai du plaisir depuis 40 ans. Le jouet que je me suis inventé, c’est ma possibilité de faire des bandes-dessinées, de voyager. Je suis un gars d’idées, qui s’entoure des bonnes personnes. Je ne suis pas un très bon gestionnaire, je suis plus un gars d’idées qui s’entoure des bonnes personnes, c’est ça la différence. Je suis un créateur, qui sait s’arranger pour que les idées se matérialisent en vrai projet. C’est beau d’avoir l’idée, mais il faut être capable de l’appliquer pour la transformer et je pense que je ne suis pas pire là-dedans. »

Le Salon du livre de Rimouski

Pour plus de détails concernant le Salon du livre et sa programmation, visiter le site web de l’organisation.

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