19.09.2020
Chroniques Potentiel humain Semez à tout vent!

Semez à tout vent!

Je n’ai écrit qu’un seul article sur la Covid au tout début du confinement (https://journallesoir.ca/2020/03/22/le-millionnaire/). Et puisque j’aime à me préoccuper des choses positives dans la vie, j’ai bifurqué bien loin de ce sujet ensuite. Et puisque en plus c’est ma treizième chronique, je tente le sort.

Je suis une éternelle positive. Je suis de ces gens un peu naïfs qui, comme d’autres, jonglent avec les sourires comme avec des balles colorées. Je parsème les sourires, plusieurs au pied carré, dans la vie normale de tous les jours.

Vous comprendrez donc qu’en ces temps troublés, je me fais agricultrice : je fertilise les trottoirs à coup d’humour, j’irrigue les couloirs de joie et puisque je suis de celles qui reçoivent des confidences d’étrangers dans n’importe quelle file d’attente, j’en profite pour semer la compréhension en abondance.

Avec ce fameux masque — dont on ne sait que penser, dont on ne sait que faire, dont on oublie parfois même la présence sur notre nez malgré l’horreur qu’il nous inspire — il faut redoubler d’ardeur; avec les faux airs de motards qu’ils nous donnent, les sourires doivent être radicalement sincères, sinon ils ne passent pas la barrière des yeux.

Heureusement, je ne suis pas la seule à semer des graines de bonheur à tout vent. Une amie a sciemment choisi son masque blanc et elle y a dessiné au feutre un grand sourire. Les passants de la rue Cartier à Québec n’ont qu’à bien se tenir les joues s’ils ne veulent pas sourire à ce joyeux clown en retour.

Particulièrement depuis le 18 juillet, les employés du IGA de Mont-Joli se font un devoir de s’empresser à notre service à la moindre hésitation sur le plancher et ceux qui y font l’accueil covidienne devenue traditionnelle, se désâment à inventer une nouvelle blague chaque semaine — cette semaine, l’un d’eux m’a invité au bal masqué qui se trouvait derrière les portes vitrées et s’est excusé que la musique ne soit pas tant forte. Je ne sais malheureusement pas vos noms, mais je vous dis merci.

À vous et aux autres aussi. À tous ces autres.

Merci à tous ces grands naïfs qui participent à la mélodie du bonheur.

Et si je vous écris tout cela ce n’est pas que je me gargarise de ma propre grandeur, non! — mais chut, ne le dites pas trop fort — c’est plutôt que je suis profondément égoïste : la loi de la nature nous a prouvé depuis fort longtemps que l’on récolte ce que l’on sème. Alors, moi qui absorbe chaque parcelle d’humeur sur ma route, je me protège, je me préserve, je console. Je souris pour que vous me souriez en retour. Je blague pour que vous me fassiez rire à votre tour. Je vous écoute pour que vous soyez compatissant au détour.

Nous sommes tous sensibles, certains, tout comme moi, sont hypersensibles. Sois, soyons, soyez profondément égoïstes vous aussi, tous autant que vous êtes, et semez ce que vous aimeriez récolter. Faites de ces temps d’attente et de ces pots d’alcool à pression, de ces masques et de ces files interminables vos outils de jardinage quotidiens.

Ça tombe bien, on a un bel été!

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